Scandale Cerelac : le double jeu de Nestlé entre l’Europe et le Maroc dénoncé

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

La Fédération nationale des associations du consommateur exige le retrait immédiat des céréales infantiles Cerelac. En cause : une forte teneur en sucre au Maroc, alors que Nestlé vend le même produit sans additifs sucrés en Europe.

Le scandale a éclaté suite aux investigations de l’ONG helvétique Public Eye. Après avoir fait analyser une centaine de boîtes vendues en Afrique par le laboratoire français Inovalys, le verdict tombe : 90 % d’entre elles sont sucrées. C’est dans ce climat de défiance que le quotidien Assabah relaie l’action de la FNAC, qui a réclamé des tests spécifiques sur quatre variantes marocaines de la marque. Les résultats sont alarmants : une portion classique renferme 5,8 grammes de sucre ajouté, un volume qui bondit à 7 grammes pour la déclinaison aux fruits.

Sur Bladi.net : Des pesticides interdits en Europe vendus au Maroc

Ce favoritisme géographique choque profondément les défenseurs des acheteurs locaux. Wadie Madih, président de la FNAC, s’insurge contre l’opacité totale de la firme. Sur le territoire national, les paquets taisent la présence de ces ajouts, à l’inverse des règles de transparence appliquées sur le Vieux Continent. « Plus grave encore, Nestlé omet de divulguer la quantité exacte de sucre ajouté dans les informations nutritionnelles fournies au consommateur marocain », s’indigne le responsable. Sa mise en demeure adressée à la direction locale est d’ailleurs restée lettre morte.

Sur Bladi.net : Scandale à Marrakech : le viol d’une mineure relance le lourd dossier du tourisme sexuel

Pendant ce temps, le géant suisse de l’agroalimentaire maintient un discours publicitaire bien rodé. La marque continue de vanter l’apport énergétique de ses farines, misant sur leur richesse en minéraux, en vitamines et en protéines pour accompagner la croissance des nouveau-nés. Cette stratégie de séduction agace fortement la FNAC, qui estime qu’une telle communication « tend à faire croire aux familles que ces produits sont sains » tout en dissimulant délibérément leur composition réelle.