Tomates du Maroc : pourquoi les agriculteurs européens crient au scandale

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Un groupe de producteurs espagnols, français, italiens et portugais a formé un front commun contre les importations de tomates du Maroc. Ils dénoncent une concurrence déloyale liée aux normes sociales et environnementales, menaçant la souveraineté agricole européenne.

Les organisations agricoles exigent que les légumes marocains soient soumis aux mêmes exigences sanitaires et sociales que les produits du vieux continent. Elles pointent du doigt des disparités majeures dans l’utilisation de produits phytosanitaires, permettant au royaume chérifien de tirer profit d’un avantage compétitif jugé « insurmontable » pour les exploitants européens.

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Les fédérations de producteurs s’inquiètent de l’élargissement de l’accord euro-méditerranéen d’octobre 2025. Cette modification intègre désormais les productions du Sahara dans le traitement préférentiel accordé au Maroc, alors que Rabat prévoit d’y augmenter ses surfaces cultivées de 1 000 % pour atteindre 13 000 hectares d’ici 2030.

Les producteurs dénoncent également un étiquetage jugé opaque, facilitant l’entrée de marchandises sahariennes sous des dénominations régionales confuses. Ce procédé permettrait de contourner la réglementation communautaire qui impose normalement la mention claire du pays d’origine, masquant ainsi la provenance réelle des fruits et légumes aux yeux du consommateur.

Parallèlement, des voix s’élèvent contre le manque de transparence de la Commission européenne. Le syndicat COAG affirme que les statistiques officielles ne reflètent plus la réalité des flux, dénonçant une disparition anormale des chiffres d’importation sur les portails officiels malgré une présence toujours massive des tomates marocaines sur les étals européens.

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Confrontés à une pénurie de main-d’œuvre et à l’interdiction de nombreux pesticides, les agriculteurs des quatre pays alliés craignent pour la pérennité de leur filière. Ils appellent Bruxelles à protéger une production locale fragilisée par cette hémorragie de compétitivité face au voisin du sud.