Lait marocain dans les rayons espagnols ? La colère monte chez les agriculteurs
L’Espagne a soif de lait et regarde vers le Sud pour remplir ses rayons. Confronté à une crise sans précédent de sa production nationale, le voisin ibérique envisage d’ouvrir les vannes à l’importation de lait marocain. Une perspective qui provoque une levée de boucliers chez les agriculteurs espagnols, qui dénoncent une concurrence déloyale sur les normes sanitaires et sociales.
C’est un pilier de l’agriculture espagnole qui vacille. La Galice, région historique de la production laitière, voit son modèle s’effondrer : le nombre d’exploitations y a été divisé par deux. Les petites et moyennes structures familiales, étranglées par la hausse des coûts et une concurrence féroce, mettent la clé sous la porte, incapables de suivre la cadence. Résultat : l’offre locale ne suffit plus à satisfaire la demande intérieure, explique La Razon.
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Face à ce déficit, les autorités et les acteurs économiques lorgnent vers le Maroc comme solution de repli. Mais cette stratégie d’importation passe mal auprès des professionnels du secteur. Les éleveurs espagnols crient à l’abandon, estimant que l’État devrait sauver ce qui reste du tissu agricole national plutôt que de se tourner vers des fournisseurs hors Union européenne.
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Le cœur du conflit réside dans le différentiel de normes. Les producteurs espagnols alertent sur l’absence d’équivalence entre les deux rives de la Méditerranée. Ils pointent du doigt des conditions de production, des normes sanitaires, environnementales et sociales au Maroc qu’ils jugent moins contraignantes que les standards européens draconiens auxquels ils sont soumis. Pour eux, cette dépendance accrue vis-à-vis de l’étranger ne menace pas seulement leur survie économique, mais hypothèque également la souveraineté alimentaire de l’Espagne sur le long terme.