Sebta et Melilla : Marocaines dans dix ans !
Une tribune publiée en Espagne imagine un accord de cosouveraineté avec le Maroc, suivi dix ans plus tard du rattachement complet de Sebta et Melilla au Royaume. Un scénario encore fictif, mais qui fait entrer cette possibilité dans le débat espagnol.
La récente crise de Sebta a ravivé en Espagne une question que Madrid préfère habituellement considérer comme close : le statut futur de Sebta et Melilla peut-il rester indéfiniment inchangé ?
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Dans une projection politique particulièrement détaillée, le chroniqueur Luis Ventoso imagine Pedro Sánchez annonçant l’ouverture de négociations avec le Maroc afin d’accorder un nouveau statut aux deux villes.
Le chef du gouvernement espagnol présenterait cette initiative comme une politique d’apaisement destinée à éviter de nouvelles crises frontalières et à améliorer la vie des habitants. Les discussions se tiendraient discrètement à Genève, avec l’intervention d’un médiateur international.
Le résultat ne serait pas immédiatement une restitution au Maroc, mais une période de cosouveraineté. Madrid et Rabat exerceraient conjointement leur autorité sur Sebta et Melilla, permettant au gouvernement espagnol d’affirmer qu’il n’abandonne pas formellement les deux villes.
Cette hypothèse est développée dans une tribune publiée par El Debate. Son intérêt ne réside pas seulement dans la position politique de son auteur, mais dans le fait qu’un tel scénario puisse désormais être décrit avec autant de précision dans la presse espagnole.
Une transition de dix ans vers le Maroc
Dans cette projection, la cosouveraineté ne constituerait qu’une étape. Après dix années de gestion conjointe, l’accord serait révisé et Sebta et Melilla passeraient entièrement sous souveraineté marocaine.
L’auteur imagine que la gauche espagnole et les partis indépendantistes soutiendraient les négociations, tandis que l’opposition du Parti populaire et de Vox ne suffirait pas à les arrêter. Le Tribunal constitutionnel pourrait également valider l’accord en considérant que la cosouveraineté maintient, au moins provisoirement, une présence espagnole.
Les contestations finiraient ensuite par perdre de leur intensité. La restitution des deux villes serait présentée comme la conclusion logique d’une transition progressive, mais aussi comme la fin d’une situation devenue coûteuse et difficile à défendre.
Aucune discussion officielle de cette nature n’a été annoncée. Mais vue du Maroc, cette fiction politique n’est pas anodine. Elle montre que la restitution de Sebta et Melilla ne relève plus uniquement d’une revendication marocaine : elle commence aussi à apparaître, dans le débat espagnol, comme l’aboutissement possible d’un processus de négociation.
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La cosouveraineté imaginée par l’auteur deviendrait alors une formule de transition : suffisamment graduelle pour être acceptée en Espagne, mais conduisant, à terme, au retour des deux villes sous souveraineté marocaine.