Six alertes avant le chaos de Sebta : Madrid était prévenu
Des policiers et gardes civils espagnols avaient alerté Madrid à plusieurs reprises avant l’afflux massif vers Sebta. Reuters a retrouvé six avertissements adressés aux autorités dans les semaines précédant les 29 et 30 juillet.
Bien avant la crise, les agents chargés de la frontière signalaient déjà une hausse des traversées à la nage et redoutaient les effets d’une décision judiciaire récente.
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Selon une enquête publiée le 15 août par Reuters, les syndicats de la Guardia Civil et de la police nationale avaient multiplié courriers et mises en garde auprès du gouvernement espagnol et des responsables de Sebta.
Le 10 juillet, l’AUGC réclamait des instructions claires après une décision de justice compliquant les rejets immédiats de personnes arrivant à la nage. Trois jours plus tard, le syndicat de policiers SUP demandait davantage d’effectifs et prévenait que les réseaux de passeurs pouvaient rapidement adapter leurs méthodes.
Une semaine avant la crise, une nouvelle alerte
Le 23 juillet, le SUP écrit encore au chef de la police de Sebta. Il signale des arrivées continues par la mer et estime que les moyens disponibles ne permettront pas de faire face à une hausse brutale des entrées.
Le 27 juillet, soit seulement deux jours avant le début de l’afflux massif, l’AUGC alerte à nouveau sur la situation autour des digues du Tarajal et de Benzú.
Les 29 et 30 juillet, la frontière bascule dans une crise sans précédent, avec des dizaines de milliers d’entrées et de nombreux morts.
Madrid rejette toutefois l’idée d’une absence de réaction. Le ministère espagnol de l’Intérieur affirme avoir étudié plusieurs mesures après la décision judiciaire, tandis que la délégation du gouvernement à Sebta assure être restée en contact permanent avec la police et la Guardia Civil.
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Pour les syndicats, les signaux étaient pourtant suffisamment clairs. Deux jours après la crise, l’AUGC résumait son accusation en parlant de « douze années d’avertissements ignorés ».