Six F-18 prêts à décoller en quinze minutes : l’Espagne surveille le ciel face au Maroc
L’Espagne déploie six chasseurs F-18, une frégate lance-missiles et une unité de défense antiaérienne dans le sud de la péninsule et en mer d’Alboran. Les avions doivent pouvoir décoller en moins de quinze minutes après la détection d’un appareil non identifié.
L’opération Eagle Eye 26-03 a débuté lundi 21 septembre et doit se poursuivre jusqu’au vendredi 25. Elle mobilise simultanément l’armée de l’Air et de l’Espace, l’armée de terre et la marine espagnoles dans la zone située face aux côtes du nord du Maroc.
Six F-18 de l’escadre 15, habituellement basée à Saragosse, ont été déployés sur la base aérienne de Malaga. Ils assurent une mission d’alerte rapide QRA, précise l’état-major espagnol de la Défense.
Le dispositif doit permettre aux chasseurs de décoller moins de quinze minutes après la détection d’une trace aérienne non identifiée. Leur mission consiste à renforcer la surveillance et à entraîner les équipages aux opérations de police du ciel.
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Trois escadrons de surveillance aérienne participent à l’opération depuis Constantina, près de Séville, Motril et Alcalá de los Gazules, dans la province de Cadix. Leurs informations sont centralisées par le Groupe central de commandement et de contrôle installé à Torrejón, près de Madrid.
Une unité de défense antiaérienne a parallèlement été positionnée autour de la base aérienne et du port de Malaga. Elle complète la couverture assurée par les chasseurs et les stations radar.
Une frégate équipée de radars et de missiles
En mer d’Alboran, la marine espagnole mobilise la frégate Méndez Núñez. Ce bâtiment de la classe F-100 doit intégrer ses moyens de détection et de défense antiaérienne au dispositif déployé à terre et dans les airs.
La frégate dispose de radars capables de suivre des cibles à longue distance et de missiles destinés à neutraliser des menaces aériennes. Elle possède également des capacités de lutte antisous-marine.
L’objectif d’Eagle Eye est de relier l’ensemble de ces moyens à un système unique de défense aérienne. Les informations recueillies par les radars terrestres, les avions et la frégate doivent permettre au centre de commandement de surveiller la zone et de coordonner une éventuelle interception.
Le déploiement intervient quelques jours après des tirs réels de missiles air-air et air-sol menés par l’Espagne dans le golfe de Cadix. Le chef d’état-major de l’armée de terre espagnole vient également d’inspecter les unités et les installations militaires de Melilla.
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Madrid présente Eagle Eye comme une opération régulière de « présence, surveillance et dissuasion ». L’état-major affirme qu’elle vise à protéger le territoire espagnol, ses « frontières souveraines », ses eaux territoriales et son espace aérien. Il ne mentionne pas le Maroc et n’établit aucun lien avec les tensions diplomatiques actuelles.
Pourtant, la mer d’Alboran sépare l’Andalousie du Rif marocain et constitue l’une des principales zones de contact maritime et aérien entre les deux pays. Pendant cinq jours, six F-18 en alerte, une frégate et une défense antiaérienne intégrée y surveillent donc directement les approches méridionales de l’Espagne.