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Terrorisme : procès d’islamistes radicaux dans tout le royaume

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20 septembre 2003 - 10h48 - Maroc - Par:

Une douzaine de procès d’islamistes radicaux, comme celui de "l’émir" Pierre Robert qui s’est achevé jeudi à Rabat, se poursuivent devant les tribunaux marocains dans le cadre d’une vaste campagne de répression dans les milieux intégristes.

Plus de cent islamistes sont actuellement poursuivis devant diverses chambres criminelles, selon les autorités judiciaires, le plus souvent sous l’accusation d’appartenance à l’organisation intégriste Salafia Jihadia et de préparation d’actes terroristes dans le royaume.

Le tribunal de Rabat, où le Français Pierre Robert a été condamné jeudi à la prison à vie, est chargé de quatre grands procès ouverts dans le cadre d’une loi anti-terroriste adoptée dans la foulée des attentats du 16 mai de Casablanca, qui ont fait 45 morts dont 12 kamikazes.

Les peines prononcées par ce tribunal, comme celle de Pierre Robert et les lourdes condamnations de 31 de ses "complices" présumés, ne peuvent faire l’objet d’appels et ne pourraient être remis en cause qu’en cassation, dans un délai de huit jours.

Huit autres procès en cours, à Casablanca et à Fès, concernent pour l’essentiel des islamistes arrêtés lors de coups de filets policiers opérés immédiatement après les cinq attentats-suicide du 16 mai.

La peine capitale a été requise par le ministère public contre au moins seize accusés encore en jugement, selon un pointage effectué par l’AFP. Ces peines sont notamment réclamées par les procureurs dans les cas d’atteinte à la "sécurité intérieure de l’Etat" ou de complicité dans des meurtres avec préméditation.

Des lourds verdicts ont également été prononcés dans plusieurs grands procès anti-terroristes déjà bouclés, dont celui de Pierre Robert, avec quatorze condamnations à mort infligées, parmi lesquelles celles des trois kamikazes qui ont survécu aux attentats de Casablanca.

Ces kamikazes, seuls accusés à ce jour directement impliqués dans l’exécution des attentats de Casablanca, ont été jugés le 19 août avec un groupe de 87 islamistes radicaux où figuraient quatre "théoriciens" de la Salafia Jihadia.

Des très lourdes peines de prison, dont 37 à perpétuité et 17 à trente ans avaient été prononcées au terme de ce procès-marathon devant les juges de Casablanca.

Le 11 septembre dernier, ce sont 27 islamistes qui ont été condamnés par le tribunal Kénitra (nord de Rabat), à des peines allant de six mois à quinze ans de prison. Ils étaient accusés notamment d’association de malfaiteurs "dans le but de porter atteinte à sûreté de l’Etat" et d’incitation à la violence.

Dix peines de mort avaient été prononcées le 12 juillet à Casablanca à l’encontre d’un groupe mené par le chef intégriste Youssef Fikri qui avait reconnu devant le tribunal avoir tué des "ennemis de Dieu".

Le ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubâa a déclaré le 9 septembre que 906 islamistes avaient au total été arrêtées à la suite des attentats du 16 mai à Casablanca, tout en ajoutant que le "péril est toujours là".

M. Bouzoubaa a indiqué que plusieurs personnes citées dans les procédures "n’ont pas encore été interpellées". Toutefois, a-t-il assuré, "les principaux" terroristes présumés ont été "soit arrêtés, soit condamnés ou sont en passe d’être jugés".

AFP

Mots clés: Terrorisme , Procès , Attentats de Casablanca

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