“Terroriste”, « futur dealer » : le premier bébé d’Avignon cible d’un raid raciste, ses parents portent plainte
La célébration a viré au cauchemar numérique. Zaïd, premier bébé né à Avignon en 2026, est devenu malgré lui la cible d’une campagne de haine d’une violence inouïe. Face au déferlement de commentaires racistes sur les réseaux sociaux, les parents du nourrisson ont décidé de saisir la justice.
Il n’a que quelques jours, mais il a déjà subi la bêtise humaine dans ce qu’elle a de plus sombre. Quelques heures après la parution d’un article dans La Provence annonçant sa naissance comme premier bébé de l’année dans la Cité des Papes, le petit Zaïd s’est retrouvé au cœur d’une vague de harcèlement xénophobe.
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Sous la publication, des centaines de messages ont afflué, attaquant l’enfant sur son prénom et son origine supposée. Des insultes telles que « gnoule », « terroriste en puissance » ou « futur dealer » ont été proférées par des internautes cachés derrière l’anonymat de leurs écrans. Face à l’ampleur de la haine, le quotidien régional a dû fermer l’espace commentaires et supprimer les messages incriminés.
Les parents, choqués, ne sont pas restés passifs. Ce mercredi 7 janvier, ils se sont rendus au commissariat d’Avignon pour déposer plainte. En France, les injures racistes publiques sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
L’affaire a suscité une levée de boucliers immédiate. Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de La Provence, a fustigé des propos « intolérables et insoutenables ». La classe politique et associative a également réagi : le député Raphaël Arnault a dénoncé des attaques « ignobles » contre un nouveau-né, tandis que la Ligue des droits de l’homme (LDH) pointe du doigt un « racisme décomplexé ».
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Sur le terrain, la solidarité s’organise. Des collages sont apparus à Montfavet avec des messages d’accueil : « Bienvenue Zaïd, Avignon est ta maison ». Une réponse citoyenne pour rappeler que la haine n’a pas le dernier mot.