Elle tombe amoureuse de son moniteur de surf marocain, ils transforment un riad abandonné en hôtel
Venue apprendre le surf à Rabat, une Néerlandaise tombe amoureuse de son moniteur marocain. Onze ans plus tard, le couple a restauré un riad abandonné depuis plus de vingt ans pour y ouvrir un petit hôtel familial.
L’histoire commence en 2015. Nina Ottevanger voyage au Maroc avec deux amies lorsqu’elles décident de prendre un cours de surf à Rabat. Le groupe est déjà parti, mais un moniteur, Ilyass Gougali, leur propose une séance privée.
Une relation à distance s’installe entre la jeune Néerlandaise et le Marocain. Nina revient régulièrement à Rabat pendant ses vacances universitaires. En 2016, Ilyass part gérer un camp de surf sur la côte atlantique tandis qu’elle décroche un stage dans un établissement voisin. Cette première vie commune confirme leur projet.
Après ses études en tourisme, Nina travaille dans une agence de voyages à La Haye. Ilyass la rejoint aux Pays-Bas et le couple se marie en 2021. Mais le Marocain supporte difficilement les hivers néerlandais. Tous deux décident alors de travailler l’été aux Pays-Bas et de passer l’hiver au Maroc.
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Ils lancent à Rabat une école de surf et hébergent leurs clients chez des habitants. Pendant trois ans, ils partagent ainsi leur vie entre les deux pays, avant que les déplacements permanents ne deviennent trop pesants.
« Il était difficile de construire une vie lorsque nous ne restions que la moitié de l’année au même endroit », explique Nina dans un témoignage publié ce dimanche 21 septembre par Business Insider.
Un riad abandonné depuis plus de vingt ans
En 2024, le couple cherche un riad dans la partie de la médina de Rabat proche de l’océan, afin que ses futurs clients puissent rejoindre facilement la plage avec leurs planches. Il finit par trouver une maison traditionnelle très dégradée, dépourvue de salles de bains et abandonnée depuis plus de vingt ans.
Le bâtiment a néanmoins conservé plusieurs éléments anciens, notamment ses carreaux traditionnels. Son prix est supérieur à celui d’autres riads de la médina, précisément en raison de ces détails architecturaux. Le montant de l’acquisition n’a pas été communiqué.
Nina et Ilyass achètent la maison en mobilisant leur épargne pour 40 % du prix. Les 60 % restants proviennent de prêts accordés par leurs familles et leurs proches. Les travaux commencent en avril 2025.
Le couple gère lui-même le chantier et fait appel à des plombiers, électriciens et artisans locaux. Le père de Nina, expérimenté dans ce type de projet, les aide à dessiner les chambres et à établir les plans. Après cinq mois de rénovation et environ 75 000 euros de dépenses, le riad accueille ses premiers clients en octobre 2025.
L’établissement compte cinq chambres et peut héberger jusqu’à 16 personnes. Les nuitées commencent à 500 dirhams, petit-déjeuner et dîner compris. Le projet fait également travailler la famille d’Ilyass : sa mère prépare les repas du soir, sa sœur s’occupe des petits-déjeuners et de l’accueil, tandis que son frère participe aux cours de surf.
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Le couple espère rembourser intégralement son investissement grâce aux bénéfices de l’établissement dans un délai de huit ans. Son choix accompagne aussi la montée de Rabat comme destination touristique face à Marrakech, avec une offre associant médina, plage et surf.
Nina et Ilyass ne cherchent toutefois pas à présenter Rabat comme une nouvelle station de surf surchargée. Ils mettent justement en avant une fréquentation encore limitée, avec parfois seulement dix à vingt personnes dans l’eau, ainsi qu’une vie quotidienne plus calme que celle qu’ils menaient aux Pays-Bas.