Tourisme : la France patine, le Maroc rafle la mise cet été

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Les conflits au Moyen-Orient poussent les vacanciers à se rabattre vers la Méditerranée. Si le Maroc, l’Espagne et l’Italie s’imposent comme les grands gagnants de cet été, la France capte une part plus limitée de ces flux.

Fuyant les zones d’instabilité, les voyageurs internationaux cherchent des alternatives sûres pour leurs congés. Dans cette recomposition géopolitique, la France se fait distancer par le Maroc, l’Italie et l’Espagne, de véritables poids lourds de la villégiature balnéaire. Didier Arino, patron du cabinet Protourisme, pointe une faiblesse structurelle du modèle hexagonal : le pays reste avant tout une terre de passage. L’écart se creuse logiquement sur le nombre de nuitées étrangères. L’an passé, l’Espagne en a cumulé 322 millions et l’Italie 254 millions, contre seulement 140 millions pour la France. Les vacanciers à fort pouvoir d’achat plébiscitent les vastes complexes et les hôtels-clubs qui abondent chez les concurrents méditerranéens.

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Les autorités françaises assument pourtant pleinement ce décalage. D’après les déclarations d’Adam Oubuih, directeur général d’Atout France, analysées par Le Figaro, l’objectif n’est pas de multiplier les flux de masse, mais d’attirer une clientèle premium. Le pays vise les 100 milliards d’euros de recettes à moyen terme, après avoir engrangé 77 milliards en 2025. Pour y parvenir, il s’appuie sur la robustesse du marché nord-américain. Les réservations depuis les États-Unis ont bondi de 9,9 % en mai, compensant la baisse de fréquentation des Asiatiques, dont 40 % transitaient habituellement par les hubs du Moyen-Orient avant l’éclatement des tensions.

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Ce fossé face aux rivages rivaux s’explique enfin par une saisonnalité très stricte. Quand le sud de l’Europe ou le Maroc permettent des séjours balnéaires jusqu’à la Toussaint, la fenêtre française est beaucoup plus courte. S’y ajoute une lourdeur réglementaire face aux grands projets d’infrastructures. Alors que le débat public se focalise souvent sur le surtourisme, les experts dénoncent à l’inverse un cruel manque d’offres adaptées. Faute de resorts et de services suffisants pour retenir les étrangers, l’Hexagone laisse filer une véritable manne financière vers les autres destinations du bassin méditerranéen.