Le tourisme marocain accélère, mais sans les Marocains
Le secteur touristique marocain entame l’année 2026 avec une forte hausse de ses recettes et de la fréquentation internationale. Cependant, cette dynamique masque un net recul des voyageurs nationaux, pénalisés par le contexte économique et le mois de ramadan.
Les clignotants financiers sont au vert pour l’hôtellerie marocaine. Sur les deux premiers mois de l’année, les recettes ont bondi de 22 % pour dépasser les 21 milliards de dirhams. Cette manne financière s’accompagne d’une hausse globale de la fréquentation. Les postes frontières ont ainsi comptabilisé 4,3 millions d’arrivées au premier trimestre, soit une progression de 7 % par rapport à 2025, avec un mois de mars particulièrement dynamique frôlant les 1,6 million de visiteurs.
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Derrière ces excellents résultats se cache toutefois un véritable désamour de la clientèle locale. Le tourisme interne a chuté de 10 % sur cette même période, freiné par la pression sur le pouvoir d’achat et des tarifs jugés peu accessibles. Comme l’analyse le quotidien L’Economiste, cette baisse d’affluence est largement compensée par le profil des vacanciers étrangers : « Le Maroc attire peut-être légèrement moins en volume, mais il attire des visiteurs qui dépensent davantage ».
Cette montée en gamme s’appuie massivement sur le marché européen. La France maintient sa position de leader en générant à elle seule près d’un tiers des arrivées, talonnée par l’Espagne. L’attractivité du royaume s’élargit également à de nouveaux horizons grâce à l’amélioration des liaisons aériennes directes. Cette diversification profite notamment aux touristes en provenance de Pologne, qui affichent un bond spectaculaire de 46 %, et des États-Unis, en hausse de 8 %.
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Sur le territoire, les flux restent cependant extrêmement concentrés. Marrakech s’impose toujours comme la locomotive nationale avec 2,1 millions de nuitées, captant un tiers de l’activité, juste devant Agadir. À l’inverse, Tanger et le sud du pays accusent des baisses de fréquentation. Ce contraste géographique se reflète sur le taux moyen d’occupation des hébergements classés, tombé à 51 % en février. Si la ville ocre résiste bien, d’autres capitales régionales souffrent, à l’image de Rabat qui dévisse de huit points pour atteindre seulement 42 % de remplissage.