Chaque trimestre, les États-Unis vérifient au Maroc l’usage du matériel militaire américain
Washington ne perd pas de vue son matériel militaire une fois livré au Maroc. De 2020 à 2024, les contrôles américains prévus chaque trimestre ont été effectués sans interruption dans le royaume, selon des données du Pentagone analysées par le GAO.
Le suivi apparaît dans un rapport du Government Accountability Office (GAO) consacré aux équipements militaires américains transférés à des pays partenaires. Le Maroc fait partie des cinq pays dont le gendarme du Congrès américain a examiné en détail les contrôles de « fin d’utilisation ».
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Le résultat est particulièrement clair. Pour chacune des années budgétaires 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024, le Maroc affiche des contrôles réalisés au cours des quatre trimestres. Autrement dit, aucune période trimestrielle n’apparaît sans vérification durant ces cinq années. La Grèce et Israël présentent le même bilan, contrairement à la Colombie et aux Philippines, où certains contrôles ont manqué.
Ces opérations s’inscrivent dans le programme américain « Golden Sentry ». La Defense Security Cooperation Agency (DSCA), qui dépend du Département de la Défense, explique que son objectif est de vérifier que les équipements militaires transférés par Washington restent utilisés conformément aux conditions acceptées par le pays bénéficiaire.
Concrètement, les responsables américains chargés de la coopération militaire doivent effectuer au moins une vérification de routine par trimestre et par pays. Ils observent alors un équipement ou un groupe d’équipements soumis au contrôle. Le formulaire enregistré dans la base américaine indique notamment quel matériel a été observé, s’il est utilisé comme prévu et si les représentants américains ont rencontré des difficultés pour y accéder.
Le Maroc doit laisser les Américains vérifier
Ce droit de regard ne s’arrête pas à l’utilisation du matériel. Les conditions américaines imposent également au pays bénéficiaire de maintenir un niveau de sécurité approprié et lui interdisent de transférer les équipements à un tiers sans autorisation préalable des États-Unis. Le bénéficiaire doit aussi permettre aux représentants américains de procéder à des observations et vérifications et leur communiquer les informations nécessaires. Ces règles sont détaillées dans le manuel officiel de la DSCA consacré au contrôle de fin d’utilisation.
En cas de soupçon d’utilisation non autorisée, de transfert sans permission, de problème de sécurité ou encore de perte de matériel, les faits doivent être signalés à la DSCA et au Département d’État. Ce dernier est chargé d’enquêter sur les éventuelles violations et peut, selon les cas, en informer le Congrès américain.
Le contrôle trimestriel ne signifie toutefois pas que les Américains inspectent tous les équipements militaires présents au Maroc tous les trois mois. Le GAO précise qu’une seule observation d’un équipement ou d’un groupe d’équipements suffit à remplir l’obligation trimestrielle de contrôle de routine. Les responsables américains privilégient notamment les matériels importants comme les navires, avions et véhicules.
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Le rapport révèle même une limite du système : le Pentagone ne suit pas systématiquement le statut précis de tous les surplus militaires après leur transfert — par exemple pour savoir s’ils sont déployés, en réparation, détruits ou utilisés au combat. Mais sur un point, les données américaines sont sans ambiguïté : au Maroc, les vérifications trimestrielles exigées par « Golden Sentry » ont bien été réalisées durant chacun des vingt trimestres couvrant les exercices 2020 à 2024.