De la Turquie au Maroc : La folle cavale du narcotrafiquant anversois Abdelilah El Messaoudi

- 08h00 - Belgique - Ecrit par : P. A

Visé par plusieurs demandes d’extradition de la Belgique pour purger de lourdes peines, le narcotrafiquant anversois Abdelilah El Messaoudi a déjoué la surveillance turque. Il s’est enfui au Maroc, s’éloignant un peu plus de la justice.

Surnommé « Black » ou « Narcos », le criminel de 41 ans s’est imposé comme une figure majeure du trafic international de cocaïne via le port d’Anvers. Arrêté en février 2023 en Turquie, il y était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis le mois de septembre. Malgré deux décisions judiciaires turques favorables à son renvoi vers la Belgique, il a réussi à prendre la fuite, comme le révèle De Morgen. Diverses sources confirment qu’il se trouverait désormais sur le territoire marocain.

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Insaisissable depuis plus d’une décennie, l’Anversois cumule des condamnations totalisant 39 années de prison, dont il n’a purgé qu’une infime partie. Ses activités criminelles ont débuté avec des plantations de cannabis en 2013, avant de s’étendre à la cocaïne. Réfugié un temps à Dubaï où il investissait dans l’immobilier, il a été rattrapé par le décryptage de la messagerie Sky ECC, qui l’a formellement relié à l’importation de dizaines de tonnes de drogue.

Anticipant la fin de son impunité dans les Émirats, le narcotrafiquant avait ciblé Istanbul pour acquérir la nationalité turque contre des investissements financiers, se dotant ainsi d’un bouclier contre l’extradition. Si la Turquie a depuis révoqué de nombreux passeports obtenus frauduleusement, cette faille a profité à d’autres figures du grand banditisme.

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Bien que les autorités belges ne soient pas encore officiellement informées de sa présence au Maroc, ce nouveau point de chute réduit considérablement les chances de le voir incarcéré. Le royaume n’extradant pas ses propres citoyens, la Belgique devrait transférer les dossiers pénaux pour qu’il y soit jugé. Une procédure particulièrement complexe et coûteuse, puisqu’elle exigerait la traduction vers l’arabe de dizaines de milliers de pages d’enquête.