Une ancienne usine s’effondre sur des enfants à Anza

- 19h16 - Maroc - Ecrit par : L.A

Une usine abandonnée, située au bidonville Guinigue d’Anza, s’est effondrée le mercredi 23 juillet faisant deux morts et un blessé grave. Vétusté de la structure, accident ou vandalisme. L’enquête déterminera les véritables causes qui ont entraîné l’effondrement d’une bâtisse qui a résisté aux outrages du temps.

Le drame qui s’est produit à 15h40 n’a pas manqué de créer un climat de panique parmi les habitants qui n’ont plus voulu réintégrer leurs demeures et, partant, subir le même sort que les trois jeunes victimes. Les secours sont intervenus rapidement pour dégager des décombres 3 corps de jeunes garçons de 12 à 15 ans qui, selon des témoins, sciaient pour les vendre, des structures métalliques de la fabrique avant son effondrement, quand d’autres ont affirmé qu’ils ne faisaient que jouer.

Bilan du drame : 2 morts et un blessé grave (le 1er est mort sur le coup, le deuxième décèdera dans la soirée à l’Hôpital Hassan II. Le troisième, est dans un état jugé critique par les médecins). Pendant le déblayage de la zone sinistrée, à coup de pelleteuses mécaniques à la recherche éventuellement d’autres victimes, les habitants des bidonvilles Guinigue, bloc B, Raggada et des autres ont manifesté contre « les atermoiements des autorités locales qui continuent d’ignorer la situation sociale catastrophique de plus de 4200 familles ». « Nous risquons à tout moment d’être ensevelis vivants avec nos enfants sous ces baraques et les autorités refusent de nous dédommager comme le veut le programme de recasement des habitants des bidonvilles alors que nous sommes ici plus de 40 ans », nous prend à témoin une femme désespérée. Lors de la manifestation, des femmes, éprouvées par le drame et le stress, ont été sujettes à des évanouissements et transportées à l’hôpital ».

Rappelons que vers la fin 2007, et sur plainte des habitants du bidonville Guinigue, un mur de l’usine menaçant directement la vie des habitants a été démoli par les autorités qui, selon un habitant du bidonville ne se sont pas donné la peine de détruire le reste pour les protéger.

Le bidonville Guinigue, une soixantaine de baraques, a été créé à la fin des années 60, tout juste après le tremblement de terre d’Agadir. Il est habité essentiellement par des marins (leurs baraques sont adossées à la fabrique effondrée). 70 familles qui ont été exclues du recensement, de 1998 quand d’autres, nous affirme un témoin, installées récemment ont obtenu des lots de terrain au lotissement Tadarte destiné à accueillir plus de 4200 familles.

L’enquête permettra de déterminer les causes de l’effondrement de la bâtisse abandonnée. Vétusté des structures, accident ou sabotage pour intimidation ou provocation des populations des bidonvilles ? Les interrogations vont bon train surtout que la localité a été secouée récemment par des manifestations conduites par les habitants des bidonvilles. Ces derniers réclament de meilleures conditions de recasement dans le cadre du Programme « Villes sans bidonvilles ». Un fait reste sûr pourtant : ce mercredi, 2 garçons sont morts ensevelis, un troisième lutte contre la mort et plus de 3000 autres habitants répartis sur les nombreux bidonvilles du versant atlantique d’Anza s’interrogent, inquiets sur ce que leur réserve l’avenir.

Le miraculé du drame des bidonvilles Guinigue se nomme Islah Brahim, 55 ans. Il a abandonné la baraque qu’il occupait depuis une trentaine d’années, en tant que gardien de la fabrique de soudure de voitures de son propriétaire français Guinigue, 2 jours avant que le toit de quelques centaines de tonnes ne vienne réduire en poussière son modeste logis.

Source : Libération - Nour-Eddine Sallouk

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