Le Maroc règne sur l’argan, mais ce sont les autres qui empochent l’argent

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Le Maroc dispose d’un quasi-monopole mondial sur l’huile d’argan, mais capte encore mal sa valeur. Selon la Banque mondiale, 93 % des exportations marocaines partent en vrac avant d’être transformées et commercialisées à l’étranger sous forme de produits finis.

Le constat figure dans le Country Private Sector Diagnostic 2026 de la Banque mondiale. Le Maroc y est présenté comme le producteur quasi exclusif d’huile d’argan dans le monde. Israël est cité comme le seul autre producteur, avec environ 20 000 arganiers.

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Le problème se situe après l’extraction. Quelque 93 % de l’huile exportée quitte le royaume dans des contenants de plus de cinq litres, puis est transformée et commercialisée à l’étranger. Savons, shampoings, crèmes et autres cosmétiques permettent ainsi de capter hors du Maroc une partie importante de la valeur ajoutée.

1 200 coopératives restent en marge

La Banque mondiale relève également une forte concentration du secteur. Cinq entreprises et de grandes unions de coopératives contrôlent la majorité des exportations formelles, tandis que 1 200 coopératives enregistrées, employant plus de 8 500 femmes, restent « en marge » de ce succès.

Cette situation s’explique notamment par les difficultés de nombreuses coopératives à financer l’achat et le stockage des fruits d’argan, face à des entreprises privées disposant de davantage de capitaux et d’un meilleur accès aux marchés étrangers.

Le potentiel est pourtant considérable. La Banque mondiale estime que le développement de la transformation de l’argan et des ingrédients naturels pourrait attirer environ 600 millions de dollars d’investissements privés supplémentaires d’ici 2035 et générer autour de 17 000 emplois.

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Pour le Maroc, le défi n’est donc plus seulement de produire une huile dont il domine presque seul le marché mondial, mais de conserver sur place davantage de la valeur créée lorsqu’elle devient un produit cosmétique fini.