Ancien champion de karaté au Maroc, il risque la perpétuité en Belgique pour la mort de son fils de 3 ans

- 10h00 - Belgique - Ecrit par : L.A

Ancien champion de karaté au Maroc, Mohammed Taoussi sera jugé en septembre en Belgique pour le meurtre de son fils Wassim, mort à seulement 3 ans. Le Marocain nie les violences qui lui sont reprochées. Il risque la réclusion à perpétuité.

La constitution du jury est prévue le 23 septembre devant la cour d’assises du Luxembourg, à Arlon, avant l’ouverture des débats le 28 septembre. Mohammed Taoussi devra répondre du meurtre de son fils, mais aussi de privation d’aliments et de soins ainsi que de coups et blessures volontaires, selon les éléments du dossier rapportés par Sudinfo.

Wassim avait 3 ans et 5 mois lorsqu’il est mort, le 25 novembre 2023. Retrouvé inconscient au domicile familial de Habay-la-Vieille, il avait été transporté à l’hôpital d’Arlon, où plusieurs heures de réanimation n’avaient pas permis de le sauver.

La mort du petit Wassim et l’arrestation de son père avaient déjà provoqué une vive émotion en Belgique. Quelques heures après le décès, un proche de la mère de l’enfant avait contacté la police pour faire part de ses inquiétudes concernant le comportement du père.

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Une autopsie avait alors été ordonnée. Mohammed Taoussi avait été interpellé quelques jours plus tard puis placé sous mandat d’arrêt. Il est depuis détenu préventivement.

Selon l’accusation, Wassim serait décédé d’un important saignement à l’intérieur du crâne provoqué par plusieurs coups ou impacts à la tête. D’autres lésions auraient également été découvertes sur son corps.

L’enquête s’est aussi intéressée à plusieurs blessures antérieures. En avril 2022, l’enfant avait été conduit aux urgences pour une blessure à l’épaule. Au printemps 2023, il avait été hospitalisé plusieurs semaines pour une fracture déplacée du fémur, dont plusieurs versions auraient été données pour expliquer l’origine.

Des voisins auraient par ailleurs déclaré avoir régulièrement entendu Mohammed Taoussi crier sur son fils ainsi que des bruits évoquant des gifles. Des proches affirment également avoir assisté à des coups, notamment lorsque Wassim refusait de manger. Le père conteste ces accusations.

Du karaté de haut niveau au procès d’assises

Né en 1994 au Maroc, Mohammed Taoussi a pratiqué le karaté à haut niveau dans le Royaume. Plusieurs fois champion national, il avait intégré l’équipe marocaine et participé à des compétitions internationales. Son entourage sportif le décrivait alors comme discipliné et respectueux.

Arrivé en Belgique en 2017 pour poursuivre sa carrière, il y a rencontré Norma Prester, avec laquelle il a eu Wassim en juin 2020. Après la séparation du couple, la jeune femme est morte à 28 ans dans un accident de la route, le 27 février 2023. Mohammed Taoussi s’est alors retrouvé seul avec son fils.

Selon certains proches, son comportement envers l’enfant aurait progressivement changé après ce décès. Le dossier présente toutefois une autre image du père : à l’école, Mohammed Taoussi était décrit comme attentif et préoccupé par l’évolution de Wassim. Aucun membre du personnel n’aurait été témoin de violences.

Des traits autistiques étaient suspectés chez l’enfant, sans diagnostic définitif. L’accusation estime que l’hostilité que le père aurait éprouvée envers son fils en raison de ces supposés traits autistiques constitue un mobile discriminatoire, circonstance aggravante susceptible de porter la peine jusqu’à la réclusion à perpétuité.

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Mohammed Taoussi nie avoir frappé, maltraité ou tué son fils. Son avocat, Me Marc Kauten, insiste notamment sur les témoignages de l’école et du Service d’aide à la jeunesse décrivant son client comme un père attentif.

La défense cherchait déjà après son inculpation à faire entendre les personnes ayant côtoyé le père et son enfant. Elle entend désormais déterminer ce qui s’est précisément passé dans les jours ayant précédé la mort de Wassim.

Les jurés devront ainsi départager deux versions radicalement opposées : celle de l’accusation, qui évoque des violences répétées ayant conduit à la mort de l’enfant, et celle de Mohammed Taoussi, qui rejette ces accusations.