À Sebta, l’hôpital garde cinq Marocaines après leur accouchement : « Sinon, elles vont à la rue »

- 15h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Cinq Marocaines restent hospitalisées à Sebta après avoir accouché, alors que certaines pourraient déjà quitter l’établissement. Faute d’hébergement adapté, leur sortie les laisserait cependant à la rue avec leurs nouveau-nés.

Les cinq femmes ont accouché dans les jours qui ont suivi les passages massifs de migrants survenus fin juillet. Certaines ont depuis reçu leur autorisation médicale de sortie, mais l’hôpital universitaire de Sebta continue de les accueillir en l’absence de solution extérieure, rapporte El Pueblo de Ceuta.

L’une d’elles, qui a subi une césarienne, occupe ainsi une chambre depuis neuf jours alors que son état ne nécessiterait plus une hospitalisation. « Nous ne les faisons pas sortir par humanité. Sinon, elles vont à la rue », résume une source sanitaire citée par le journal local.

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Deux de ces femmes vivaient auparavant dans des installations provisoires réservées aux migrantes. Les services sociaux ont cependant estimé que les conditions d’hygiène de ces espaces ne permettaient pas d’y installer des mères accompagnées de leurs nouveau-nés.

Plus de 70 femmes enceintes seraient arrivées en juillet

Le problème pourrait dépasser le cas de ces cinq patientes. Selon les sources sanitaires anonymes interrogées par le quotidien de Sebta, plus de 70 Marocaines enceintes seraient entrées dans la ville lors de la crise migratoire de juillet. Certaines auraient accouché depuis, tandis que d’autres seraient encore suivies avant leur terme.

Ce chiffre n’a pas été confirmé officiellement. Il donne néanmoins une idée des difficultés auxquelles sont confrontés les services sanitaires et sociaux, alors que les structures d’accueil de Sebta restent saturées près de deux mois après l’arrivée massive de migrants depuis le Maroc.

La situation est particulièrement délicate pour les femmes qui viennent d’accoucher. Une sortie de l’hôpital suppose de disposer d’un lieu propre permettant au nourrisson de dormir, d’être nourri et de recevoir les premiers soins. Les installations improvisées et les campements ne répondent pas à ces exigences.

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Le manque de places concerne l’ensemble du dispositif d’accueil. Une opération policière a été lancée jeudi pour évacuer les migrants installés sur les plages et en transférer une partie vers un centre provisoire aménagé dans le port. Quelque 10 000 personnes se trouveraient encore à Sebta et environ 4 000 dormiraient toujours dehors, selon des associations citées par Reuters.

En attendant une place adaptée, l’hôpital sert donc de dernier refuge aux cinq mères marocaines et à leurs bébés. Leur maintien ne répond plus seulement à une nécessité médicale : il évite qu’elles ne se retrouvent sans abri dès leur sortie de la maternité.