3 questions à Rachid Madrane

- 20h35 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

M. Rachid Madrane est député bruxellois d’origine marocaine

Quel a été l’écho de la campagne du Vlaams Belang pour dissuader les Marocains d’immigrer en Belgique auprès des citoyens, partis politiques et presse belges ?
cette campagne a finalement eu très peu de retentissement en Belgique, particulièrement dans la partie francophone du pays.
Bien entendu, la démarche de l’extrême droite flamande a surpris tout le monde ici, mais je pense sincèrement que ce parti a voulu d’abord, et avant tout, lancer un signal à ses propres électeurs en suscitant la polémique afin de remettre la question de l’immigration sur la table.
Les images dramatiques des Subsahariens tentant de franchir les grilles à Sebta et à Mellilia sont encore dans tous les esprits !

Comment la communauté marocaine, plus spécialement, réagit-elle à cette "agression" ?
En ce qui concerne la communauté marocaine, je pense que la question s’est posée avec beaucoup plus d’acuité en Flandre (NDLR : la partie néerlandophone du pays). Il faut dire aussi que dans la partie francophone du pays (NDLR : Wallonie et Bruxelles), le Vlaams Belang est complètement isolé.
Il y a comme une sorte de cordon sanitaire tout autour. L’ensemble des formations politiques démocratiques s’est uni pour isoler ce parti. Ceci vaut aussi pour les médias auxquels ce parti n’a pas accès.
Il n’a donc que très peu de résonance auprès du public francophone. C’est tout le contraire en Flandres où le Vlaams Belang est invité sur tous les plateaux de télévision, dans les émissions "people", etc.
C’est donc la communauté marocaine de Flandres qui a été le plus "agressée" par cette démarche. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que cette communauté représente aujourd’hui un poids politique important et qu’elle n’est absolument pas disposée à se laisser faire. Par ailleurs, il est important de rappeler que le Vlaams Belang a fait à peu près la même démarche vers Israël, où son président s’est rendu à plusieurs reprises pour rappeler que l’extrême droite belge n’était pas antisémite et qu’elle luttait avec Israël contre les Arabes. Mais même en Israël, sa démarche n’a pas donné de fruits...

Pensez-vous qu’une telle démarche puisse aboutir aussi bien en Belgique qu’au Maroc ?
Je ne pense pas. Rien n’empêchera une personne de rêver à un avenir meilleur ! Il n’y a qu’à regarder ce qui s’est passé sous nos yeux à Mellilia et à Sebta...
L’enjeu, dans ce cas, ce n’est pas l’immigration mais la démocratie.
Au lieu de s’échiner à empêcher les "naufragés de l’Afrique" de tenter de venir en Europe, il vaudrait mieux aider l’Afrique à se développer elle-même pour permettre à ses enfants d’y construire leur avenir. Le Vlaams Belang ferait donc bien mieux de faire des propositions dans ce sens...

La Gazette du Maroc

  • Le Vlaams Belang confirme

    Le chef du parti d'extrême droite belge, Filip Dewinter, est arrivé jeudi 8 décembre au Maroc pour une visite de 24 heures dans le but affiché de décourager les Marocains de venir en Belgique, mais il ne sera reçu par aucun officiel.

  • Vlaams Belang interdit de fait au Maroc

    « Aucune rencontre » d'officiels marocains n'est prévue avec les dirigeants du parti raciste flamand Vlaams Belang, qui comptent se rendre au Maroc pour décourager les migrants potentiels de venir en Belgique, écrit samedi le quotidien belge Le Soir citant Amal Belcaid, ministre conseiller de l'ambassade du Maroc à Bruxelles.

  • Rabat : Délégation du « Vlaams belang »

    Une délégation du « Vlaams belang » parti majoritaire au parlement flamand sera en visite au Maroc du 8 au 10 décembre en compagnie d'une délégation de la presse belge.

  • Chekrouni : "pas amalgames simplistes sur l'immigration"

    L'immigration est utilisée par certains milieux en occident comme bouc émissaire pour répandre les "amalgames simplistes entre Islam, culture arabe et terrorisme", a déclaré Mme Nouzha Chekrouni, Ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger, pour qui la question se pose plutôt en termes d'acceptation de l'autre et d'égalité des chances.

  • Le Maroc n'est pas le Vlaams Belang/Block !

    Nous apprenions il y a peu à notre grande stupéfaction que le parti raciste du Belang comptait investir le Maroc du 8 au 10 décembre 2005 pour apporter sa bonne parole et rappeler au Sud que la Belgique n'est plus le pays du lait et du miel.

  • Vlaams Belang - Etat marocain : Alliance diabolique

    Nous assistons actuellement à l'éclosion fulgurante de ce que l'on peut qualifier de l'Internationale raciste-xénophobe. Elle est accomplie, ici, entre deux entités : obédience partisane et Etat-Nation. Ce phénomène peut être interne à un pays donné ; illustré, illico, par la complicité détectée entre les propos infamants d'un Sarkozy qui, en tant que représentant de l'Etat français, les assène à la face de jeunes éternellement laissés-pour-compte, et la ligne idéologique du Front National qui les harcèle sans répits. Il peut être également le lieu d'une liaison dangereuse où s'inscrivent, c'est du moins la farine dans laquelle le Vlaams Belang compte nous rouler, une formation politique (de Belgique), et un Etat-Nation (du Maroc).

  • Rachid Madrane

    Né à Bruxelles un mois avant les grandes manifestations étudiantes de mai 68, Rachid Madrane est licencié en journalisme et communication de l'ULB.

  • Tous les MRE seront pris en compte et auront les mêmes droits

    Pas de doublon entre le nouveau Conseil supérieur des MRE et les autres organes existants. Les travaux pour assurer la représentativité ont déjà commencé. Dès 2007, les MRE pourront voter et se faire élire.

  • Marocains reconnus entièrement

    De plus ce nouveau potentiel d'électeurs de par ses exigences, peut « tirer vers le haut » nos politiques et servir de moteur -y compris- à notre jeunesse du Royaume qui a déserté le chemin des urnes.

  • Quelle autonomie pour le Sahara ?

    Négocier avec le Polisario ? Pourquoi pas ! Il n'y a là ni volte-face ni démarche dilatoire, mais plutôt l'expression d'une initiative diplomatique qui place tout le monde devant ses responsabilités.