Affaire Ben Barka : la justice marocaine interrogera l’ancien agent Boukhari

17 décembre 2002 - 10h21 - Maroc - Ecrit par :

La justice marocaine a décidé de donner suite à la commission rogatoire internationale lancée par un juge français pour interroger l’ancien agent Ahmed Boukhari sur ses révélations explosives concernant l’affaire Ben Barka, a-t-on annoncé lundi à Rabat de source autorisée.

"Il a été décidé de confier cette commission rogatoire au juge d’instruction compétent, conformément aux dispositions de la législation marocaine", en application des dispositions de la convention judiciaire franco-marocaine, indique l’agence officielle MAP qui cite une "source autorisée".

L’agence précise que le ministère marocain de la Justice avait recu, le 27 septembre 2002, deux commissions rogatoires internationales lancées par la justice française, ajoutant que "la commission rogatoire concerne l’audition du dénommé Boukhari au sujet des déclarations qu’il avait faites à la presse" sur l’affaire Ben Barka.

L’ancien agent secret Ahmed Boukhari a déclaré que le célèbre opposant marocain Mehdi Ben Barka a été assassiné, après son enlèvement à Paris en 1965, par l’ancien ministre marocain de l’Intérieur Mohamed Oufkir et son ajoint Ahmed Dlimi. Son corps aurait été ramené au Maroc et dissous dans une cuve d’acide.

"C’est la première fois que la justice marocaine collabore positivement avec les justice française dans cette affaire", a déclaré à l’AFP Me Abnderrahim Jamaï, l’avocat d’Ahmed Boukhari, jugeant "intéressante" la décision annoncée lundi à Rabat.

"Je ne doute pas que le nouveau ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, ait donné son accord pour permettre cette réponse favorable à la demande française", a encore indiqué Me Jamaï.

La justice marocaine n’avait pas répondu à deux précédentes commissions rogatoires émises par la France. Par ailleurs, l’ancien agent secret n’avait pu quitter le Maroc, pour répondre à deux convocations successives du juge français Jean-Baptiste Parlos, n’ayant pas réussi à obtenir un passeport.

En mars 2002, Ahmed Boukhari avait introduit un recours auprès de la Cour surprême du Maroc pour obtenir un passeport, dans le but déclaré d’aller témoigner sur les circonstances de l’enlèvement et de l’assassinat de leader de la gauche marocaine.

Au Maroc même, l’ancien agent du "Cab 1" (service de contre-subversion) est poursuivi pour diffamation par trois de ses anciens collègues cités dans ses révélations. Ce procès, maintes fois reporté, doit reprendre le 7 janvier devant un tribunal de Casablanca.

Ahmed Boukhari avait déclaré que ses collègues des services secrets, le chef du service Mohamed Achaâchi récemment décédé, et deux policiers à la retraite Abdelkader Saka et Mohamed Mesnaoui, étaient présents au moment de l’assassinat de Mehdi Ben Barka le 30 octobre 1965 à Paris.

AFP

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