Affaire Ben Barka : la justice marocaine interrogera l’ancien agent Boukhari

- 10h21 - Maroc - Ecrit par :

La justice marocaine a décidé de donner suite à la commission rogatoire internationale lancée par un juge français pour interroger l’ancien agent Ahmed Boukhari sur ses révélations explosives concernant l’affaire Ben Barka, a-t-on annoncé lundi à Rabat de source autorisée.

"Il a été décidé de confier cette commission rogatoire au juge d’instruction compétent, conformément aux dispositions de la législation marocaine", en application des dispositions de la convention judiciaire franco-marocaine, indique l’agence officielle MAP qui cite une "source autorisée".

L’agence précise que le ministère marocain de la Justice avait recu, le 27 septembre 2002, deux commissions rogatoires internationales lancées par la justice française, ajoutant que "la commission rogatoire concerne l’audition du dénommé Boukhari au sujet des déclarations qu’il avait faites à la presse" sur l’affaire Ben Barka.

L’ancien agent secret Ahmed Boukhari a déclaré que le célèbre opposant marocain Mehdi Ben Barka a été assassiné, après son enlèvement à Paris en 1965, par l’ancien ministre marocain de l’Intérieur Mohamed Oufkir et son ajoint Ahmed Dlimi. Son corps aurait été ramené au Maroc et dissous dans une cuve d’acide.

"C’est la première fois que la justice marocaine collabore positivement avec les justice française dans cette affaire", a déclaré à l’AFP Me Abnderrahim Jamaï, l’avocat d’Ahmed Boukhari, jugeant "intéressante" la décision annoncée lundi à Rabat.

"Je ne doute pas que le nouveau ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, ait donné son accord pour permettre cette réponse favorable à la demande française", a encore indiqué Me Jamaï.

La justice marocaine n’avait pas répondu à deux précédentes commissions rogatoires émises par la France. Par ailleurs, l’ancien agent secret n’avait pu quitter le Maroc, pour répondre à deux convocations successives du juge français Jean-Baptiste Parlos, n’ayant pas réussi à obtenir un passeport.

En mars 2002, Ahmed Boukhari avait introduit un recours auprès de la Cour surprême du Maroc pour obtenir un passeport, dans le but déclaré d’aller témoigner sur les circonstances de l’enlèvement et de l’assassinat de leader de la gauche marocaine.

Au Maroc même, l’ancien agent du "Cab 1" (service de contre-subversion) est poursuivi pour diffamation par trois de ses anciens collègues cités dans ses révélations. Ce procès, maintes fois reporté, doit reprendre le 7 janvier devant un tribunal de Casablanca.

Ahmed Boukhari avait déclaré que ses collègues des services secrets, le chef du service Mohamed Achaâchi récemment décédé, et deux policiers à la retraite Abdelkader Saka et Mohamed Mesnaoui, étaient présents au moment de l’assassinat de Mehdi Ben Barka le 30 octobre 1965 à Paris.

AFP

  • Reprise du procès d'Ahmed Boukhari le 15 juillet

    Le procès de l'ancien agent marocain Ahmed Boukhari, poursuivi pour diffamation après ses révélations sur l'affaire Ben Barka, a été a renvoyé au 15 juillet après une séance marquée, mardi à Casablanca, par un débat autour de la validité d'un document présenté par l'accusation, a constaté l'AFP.

  • Ben Barka : la famille réclame la déclassification du dossier

    La famille de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, disparu en 1965 à Paris, a souhaité vendredi une "décision définitive" de la France sur la déclassification du dossier couvert par le "secret défense" depuis 39 ans.

  • Affaire Ben Barka : nouvelle demande d'audition de Boukhari

    Le juge enquêtant sur l'assassinat en octobre 1965 dans la région parisienne de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka a formulé une nouvelle demande visant à interroger Ahmed Boukhari, auteur de révélations sur l'affaire, a-t-on appris dimanche auprès de l'avocat de la famille Ben Barka.

  • Affaire Ben Barka : des ONG marocaines manifesteront à Paris

    Des associations marocaines participeront à une manifestation à la mémoire de l'opposant Mehdi Ben Barka, disparu en 1965, organisée à Paris le 29 octobre, date de son enlèvement, ont annoncé lundi à Rabat des organisations de défense des droits de l'Homme.

  • Réouverture du dossier Ben Barka

    Quarante ans après l'enlèvement de Paris, le dossier de Mehdi Ben Barka pourrait connaître du nouveau.

  • l'affaire Ben Barka bientôt au cinéma

    Le tournage au Maroc du film "J'ai vu tuer Ben Barka" qui relate la disparition en octobre 1965 de l'ex-opposant socialiste au régime de Hassan II s'est achevé à la mi-mars à Casablanca.

  • Rapport 2002 : Situation des Droits de l'homme

    Des actes ciblés de répression ont entravé le processus de libéralisation amorcé par feu le roi Hassan II et poursuivi par son fils le roi Mohamed VI.

  • Mesures disciplinaires contre trois magistrats

    Deux magistrats marocains ont été démis de leurs fonctions et un troisième suspendu provisoirement, dans le cadre de la moralisation de l'appareil judiciaire, a indiqué lundi à Rabat le ministre marocain de la Justice Mohamed Bouzoubaâ.

  • Raouf Oufkir : Mon « hôte » Hassan II !

    Au fil des ans, de 1972 à votre cavale de quelques jours, en 1987, vos conditions de détention deviennent de plus en plus épouvantables. Vous tenez pour acquis, dans le récit que vous en faites, que c'est Hassan II qui décide personnellement, et dans le moindre détail, du sort qui vous est réservé, et qu'il est donc directement responsable de cette descente aux enfers... J'affirme, en effet, qu'il en est ainsi et je mets au défi qui que ce soit de me contredire. Hassan II a toujours dirigé personnellement les affaires du royaume. A fortiori celles de ce qu'il appelait son « jardin secret », dont notre détention, cruelle et arbitraire, était le fleuron.

  • Maroc : Le Journal Hebdomadaire va attaquer en justice la DST

    La publication marocaine Le Journal Hebdomadaire a annoncé jeudi à Casablanca sa décision de poursuivre en justice la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage marocain) pour avoir "arrêté arbitrairement", la veille, deux de ses journalistes.