Aid Al Adha : Un gâchis de 450 millions de DH

- 16h58 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Quelle aubaine pour les tanneurs après l’Aïd. Avec des millions de peaux de moutons produites, ils ne doivent pas chômer ». C’est ce que pense la majorité des gens. Mais en fait, il n’en est rien. L’Aïd est au contraire l’occasion d’un formidable gâchis de peaux de moutons. Près de 5 millions de peaux sont perdues pour le secteur de la tannerie, soit 50% de la consommation annuelle. « Nous consommons près de 10 millions de peaux par an.

Durant l’Aïd, 5 millions d’entre elles, de surcroît les meilleures, sont consommées en une seule journée », déclare Rabii Mahboub, directeur de la Fédération marocaine des industries du cuir (FEDIC). « Ces 5 millions de peaux sont malheureusement perdues pour le secteur, puisque les gens ne les vendent pas. D’autant plus qu’elles sont manipulées par des non-professionnels qui entament leur qualité », ajoute-t-il. Une alternative : les peaux sont soit gardées, soit données aux nécessiteux.

Les pertes occasionnées par ce gâchis sont de l’ordre de 300 à 450 millions de DH, estime la Fedic. Avec bien sûr de nombreux emplois perdus pour les professionnels, est-il ajouté. « Ces pertes en matières premières est un coup dur pour le secteur de la tannerie, qui souffre déjà de problèmes d’approvisionnement », précise Mahboub. Il n’existe que très peu d’abattoirs professionnels. A Casablanca, par exemple, il n’en existe qu’un seul. Ceci mène à une offre de mauvaise qualité, présentée en grande partie au « noir ».

Par ailleurs, les agriculteurs ne sont pas conscients de l’importance de la peau et négligent les différentes maladies qui peuvent l’attaquer. Devant cet état de choses, les tanneurs sont contraints à l’importation. Et ce, malgré le fait que le Maroc dispose d’un cheptel pouvant répondre à la totalité des besoins du secteur. Selon Mahboub, plus de 50% des besoins en peaux sont importés de Chine, d’Italie, d’Espagne et de France, principalement à cause de la mauvaise qualité de l’offre interne.

En 2006, le Maroc en a importé pour plus de 900 millions de DH, et exporté pour un peu plus de 150 millions de DH. Pour venir à bout de ce problème, une initiative a été mise en place par la Fedic et l’ANPME, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et celui de l’Industrie. Il s’agit d’une étude réalisée en amont du secteur de la tannerie, destinée à mettre à niveau la qualité de l’approvisionnement en matières premières. Sa mise à niveau conditionne la compétitivité du secteur, dont le principal marché est l’Union européenne, et qui se trouve en rude compétition avec les autres pays d’Afrique du Nord.

En revanche, du côté des produits finis, pas de nuages à l’horizon. En 2006, les exportations de produits en cuir (chaussures, maroquinerie, etc.) ont dépassé les 3 milliards de DH, avec une évolution de près de 8% par rapport à 2005. Cela dit, faute de mesures de mise à niveau et de modernisation, surtout en matière d’approvisionnement, le Maroc risque d’être dépassé par ses concurrents nord-africains.

L’Economiste - Ahlam Nazih

  • Aïd Al-Adha : L'offre est là, la qualité rare et chère

    7,1 millions de têtes, c'est le disponible entre ovins et caprins, selon le ministère de l'Agriculture pour une demande de 4,9 millions. Mais l'Association nationale des éleveurs d'ovins et caprins fait état d'une offre bien en deçà des estimations de la tutelle. « Tout au plus 6 millions de têtes seraient offertes à l'abattage pour le sacrifice », estime le président des éleveurs Ben M'Barek Fenniri.

  • Les Sénégalais charmés par le BTP marocain

    La chance a souri aux opérateurs marocains, lors de la 11e édition de la Foire commerciale des pays islamiques à Dakar fin novembre dernier. Plus de 23 entreprises marocaines multisectorielles (textile, chimie, agroalimentaire, BTP) sont revenues avec des commandes en poche… Malgré le désistement de certaines sociétés dont Koutoubia, beaucoup de secteurs étaient très demandés, le BTP et les fruits et légumes entre autres. « Nous avons pu déceler un vrai besoin dans ces secteurs. Nous pensons aller vers des salons plus spécialisés, notamment un salon marocain du BTP à Dakar », explique Abdelkader Sediame, chef du département des relations extérieures du CMPE.

  • Textile : 30 milliards de dirhams d'exportations en 2007

    L'année 2007 aura finalement été une bonne année pour le secteur textile. « Nous avons eu un très bon mois de novembre et la même tendance a été enregistrée au cours du mois de décembre qui va certainement se terminer sur une bonne note. Nous n'avons pas encore les chiffres définitifs, mais nous allons finir l'exercice 2007 avec le même chiffre d'affaires sinon un peu plus qu'en 2006, soit 30 milliards de DH ». Les propos sont de Mohamed Tamer, président de l'Amith.

  • Le Maroc renforce les mesures de contrôle des jouets importés de Chine

    Le ministre marocain de l'Industrie Ahmed Chami, a révélé mardi que son département a renforcé les mesures de contrôle sur les jouets importés de Chine pour s'assurer de leur conformité aux normes internationales de sécurité.

  • 260 millions d'euros pour moderniser le secteur de la pêche

    Le Maroc a mis au point un programme quinquennal de modernisation de sa pêche côtière et artisanale qu'il financera conjointement avec les Etats-Unis et l'Europe.

  • Economie sociale : Plus de coopératives mais moins de dynamisme

    Le nombre de coopératives a augmenté en 2006. Les statistiques viennent de tomber... avec un très grand retard. L'année 2006 a été riche en création de coopératives. Peut-être doit-on y voir un sursaut solidaire après une prise de conscience tardive des bienfaits de l'économie sociale ? Pas sûr en fait. Il y a, certes 5.276 nouvelles coopératives nouvelles, ce qui représente, une hausse de 9,3% par rapport à 2005, mais cette faible évolution ne permet guère de conclure à l'existence d'une véritable politique en la matière.

  • Quand le marché automobile évolue plus vite que tout le reste

    A plus ou moins 102.000 véhicules (toutes catégories confondues) neufs vendus en 2007, le marché automobile marocain décolle enfin. Au grand bonheur des importateurs automobile, leur secteur est enfin arrivé à maturité et devient plus que jamais susceptible d'intéresser les constructeurs eux-mêmes.

  • Tourisme, le Maroc a dépassé la Tunisie

    Le tourisme est un secteur stratégique en Tunisie. Mais avec 6,7 millions de touristes, 3,050 milliards de DT des recettes et 37,4 millions de nuitées enregistrés en 2007, le tourisme tunisien a été dépassé par le tourisme marocain tant au niveau des arrivées de touristes, des devises que de la qualité.

  • Errachidia séduit les touristes

    Errachidia s'affirme comme une destination touristique à part entière. Tous les indicateurs sont à la hausse. La région affiche, pour les dix derniers mois, une augmentation de 3% en matière d'arrivées et de nuitées, par rapport à la même période en 2006.

  • L'Aïd al Adha annulé cette année au Maroc ?

    Le Maroc envisage la possibilité d'annuler les célébrations de l'Aïd al-Adha cette année par suite des maigres récoltes et du faible niveau de précipitations enregistré. Le Roi Mohammed VI, en sa qualité de Commandeur des Croyants, a le pouvoir de suspendre l'observation de ce rite si les raisons l'exigent. Un représentant du Haut Conseil Scientifique a déclaré que le souverain pouvait annuler l'Aïd pour des raisons telles que la sécheresse, le trop faible nombre de bêtes pour répondre à la demande, ou les difficultés économiques. Feu le Roi Hassan II avait annulé les sacrifices en 1981 et en 1996 par suite d'une trop forte sécheresse.