Ali B, ex-star de The Voice, condamné pour un viol au Maroc

- 09h00 - Monde - Ecrit par : P. A

La justice néerlandaise a alourdi la peine du rappeur d’origine marocaine Ali B. L’ancienne vedette de l’émission The Voice écope de trois ans de prison ferme en appel pour deux viols, dont un commis au Maroc.

La cour d’appel d’Amsterdam s’est montrée plus sévère que prévu. Elle a condamné l’artiste né en 1981 à trois ans d’incarcération, dépassant les réquisitions du parquet et la peine initiale de deux ans prononcée en 2024. Les magistrats l’ont reconnu coupable d’un viol commis lors d’un séminaire d’écriture à Heiloo, mais aussi d’un second viol dans un hôtel au Maroc, en marge d’un tournage. En première instance, ces derniers faits n’avaient été qualifiés que de tentative. L’avocat du chanteur a immédiatement annoncé un pourvoi en cassation, ce qui permet à son client de rester libre dans l’attente de cette ultime procédure.

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Au total, huit femmes ont dénoncé le comportement de l’ancien juré de télévision. Si plusieurs témoignages ont émergé après la diffusion en 2022 de l’émission Boos sur les dérives du télé-crochet néerlandais, l’une des victimes avait déjà alerté la police dès 2019, en vain. La défense estimait d’ailleurs que ces déclarations étaient biaisées par l’indignation publique. Absent lors du délibéré pour rester auprès de sa femme et de ses trois enfants, l’artiste a toujours clamé son innocence à « cent pour cent ». Lors des audiences, il exigeait sa relaxe en évoquant des relations « affectueuses » et en insistant : « Je n’ai jamais forcé personne ni rien fait sans consentement. »

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Les juges ont balayé ces arguments avec fermeté. Dans son arrêt, la cour estime qu’il a agi uniquement pour assouvir ses pulsions sexuelles et dénonce son absence totale de prise de conscience. Les magistrats considèrent qu’il a « fait un usage abusif et négligent de son statut de rappeur et d’artiste célèbre pour imposer des actes sexuels chez les femmes ». S’ils ont bien tenu compte des conséquences dévastatrices de l’emballement médiatique sur la carrière et la vie privée de l’accusé, ils rappellent fermement qu’une personnalité publique doit s’attendre à une telle onde de choc après avoir commis des crimes sexuels.