Le rappeur marocain Ali B. joue son avenir devant la justice
Condamné l’été dernier à deux ans de prison pour quatre agressions sexuelles sur trois femmes, le rappeur et producteur marocain Ali B. a fait appel. Une première audience de mise en état a eu lieu ce jeudi devant la cour d’appel d’Amsterdam.
Ali B., 43 ans, est accusé de viols et d’agressions sexuelles par la chanteuse Ellen ten Damme, l’ancienne finaliste de The Voice Jill Helena et Naomi, inconnue du grand public. Ten Damme accuse le Marocain de l’avoir agressée et violée en 2014 au Maroc, lors des enregistrements pour une émission musicale. C’est plutôt lors d’un camp d’écriture à Heiloo en 2018 qu’Ali B. aurait agressé sexuellement Naomi, selon les dires de cette dernière. Quant à Jill Helena, qui avait eu Ali B. pour coach dans l’émission The Voice, elle accuse le rappeur de l’avoir agressée sexuellement et violée en 2018.
L’affaire sera à nouveau jugée devant la cour d’appel d’Amsterdam. Aii B., qui avait nié les faits et clamé son innocence tout au long du procès en première instance, aura l’occasion de se défendre et laver son honneur. Toutefois, il pourrait voir la peine prononcée en première instance s’alourdir. L’audience de mise en état de jeudi devait permettre de lever certaines équivoques, a déclaré Bart Swier, avocat d’Ali B. « Nous voulons entendre un certain nombre de témoins, en partie des personnes déjà présentes dans le dossier et en partie de nouveaux témoins. »
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Comme annoncé par Swier, Ali B. n’a pas assisté à cette première audience de mise en état. Les victimes disent ne rien espérer de cette procédure. Hetty Dijkstra, l’avocate d’Ellen ten Damme, a fait savoir que sa cliente n’est pas « intéressée » par ce procès en appel, même si la justice n’a retenu qu’une tentative de viol contre Ali B. en première instance. Jill Helena, la seule à s’être présentée lors du premier procès, espère de son côté qu’Ali B. sera condamné cette fois et qu’elle va « pouvoir tourner la page ».
Naomi, la victime la moins connue, a été attaquée sur les réseaux sociaux après l’éclatement de cette affaire, certains internautes ayant estimé qu’elle était « allée à ce camp d’écriture pour du sexe, donc tu n’as pas à te plaindre ». Son avocat Bernard Sprenger confie qu’elle a même dû déménager après avoir fait l’objet de menaces. Une plainte a été déposée, mais personne n’a été interpellé à ce jour, regrette-t-il.