Amine le Conquérant : quand raconter l’histoire des châteaux de France déclenche un torrent de haine

- 13h00 - France - Ecrit par : L.A

Passionné par les châteaux, le créateur de contenu Amine vulgarise l’histoire de France sur les réseaux sociaux. Mais ses origines lui valent des refus de tournage et des menaces de mort quotidiennes qu’il combat avec sa communauté.

Armé de son drone, Amine survole les châteaux pour en raconter les secrets avec le regard d’un enfant. Ce passionné sans diplôme n’hésite pas à comparer un lit à quenouille démontable à un meuble Ikea. Mais sa démarche dérange. Plusieurs établissements lui refusent l’accès en raison de son prénom et de sa confession musulmane. Il raconte notamment comment un service communication a brutalement annulé une visite, pourtant validée avec enthousiasme par l’accueil, en découvrant son identité.

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Les attaques dépassent le strict cadre administratif. Dans un témoignage relayé par Kombini, le vidéaste explique subir chaque jour des menaces de mort et des injures racistes ciblées. Ses harceleurs lui reprochent de s’approprier le récit national et lui intiment de rentrer dans son pays. Le choix de son pseudonyme, « Amine le Conquérant », simple clin d’œil historique, est même perçu comme une agression par ses détracteurs, furieux de voir un Maghrébin raconter la vie des rois.

Passé l’incompréhension des premiers jours, le jeune homme a décidé de répliquer. Il capture et diffuse désormais publiquement les pires messages reçus afin de briser le sentiment d’impunité de leurs auteurs. Il peut surtout compter sur la mobilisation massive de ses abonnés. Cette force de frappe redoutable a récemment permis de faire sauter le compte Instagram d’un harceleur en moins de 24 heures grâce à une campagne de signalements.

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Ces épreuves ne freinent pas sa volonté de démocratiser la culture. Amine souhaite prouver aux habitants des villages comme à ceux des quartiers que les portes des monuments historiques leur sont grandes ouvertes. Il revendique fièrement sa nationalité et refuse d’être exclu du récit collectif. « C’est notre histoire, elle nous appartient », affirme-t-il, bien décidé à continuer d’explorer le patrimoine de la France, son pays.