Amine Leknoun : mort sous les balles de la police

- 21h00 - France - Ecrit par : Bladi.net

Le 30 août 2022, Zineb Kerrad reçoit une visite inattendue qui bouleversera sa vie. Cinq policiers lui apprennent que son fils, Amine Leknoun, âgé de 23 ans, a été mortellement touché par le tir d’un membre de la brigade anticriminalité (BAC) de Tourcoing.

La prétendue légitime défense du policier, avançant avoir été menacé par le véhicule en fuite d’Amine, a été ensuite fragilisée par les premiers éléments de l’enquête médico-balistique. « Une famille complète est détruite,  » se lamente auprès de Libération Zineb, évoquant la profondeur du lien qui unissait ses enfants.

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Amine, qui avait grandi à la Potennerie, un quartier populaire de Roubaix, dans le nord de la France, avait arrêté l’école tôt pour chercher du travail, selon son frère Mohamed. Le casier judiciaire du jeune homme comportait plusieurs affaires de vols et de stupéfiants, mais sa sœur Loubna met en avant le changement de comportement après ses 18 ans. Au moment de son décès, elle accouchait de son premier enfant, une joie entachée par le drame familial.

La famille Leknoun est dévastée par l’absence d’empathie et d’attention des institutions suite à ce drame. Ni la mairie de Roubaix, ni le procureur et les responsables policiers locaux ne les ont contactés. « La juge d’instruction a aussi refusé de nous voir et de nous donner accès à l’enquête. Elle disait qu’elle craignait des représailles contre le policier », relate Loubna. Après plus de six mois, la famille obtient enfin une audience en mars 2023. Zineb attend aujourd’hui de se retrouver face à l’agent Amaury D., mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

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Amine a été enterré à Oujda, au Maroc, ville d’origine de son père, un choix qui a été difficile pour la famille qui aurait préféré le garder près d’eux à Roubaix. Zineb, elle, admet converser avec Amine « comme s’il était là ». La douleur persiste aussi pour Loubna qui confie être hantée par la peur des contrôles policiers : « J’imagine toujours une même scène maintenant : des policiers qui arrivent en voiture derrière moi quand je rentre du travail tard la nuit, qui viennent me contrôler et me tirent dessus ».

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