Pour attirer les entreprises espagnoles, le Maroc a davantage que des bas salaires
Les coûts de production ne suffisent plus à expliquer l’intérêt des entreprises espagnoles pour le Maroc. Ses usines, ses liaisons logistiques et ses débouchés à l’exportation comptent désormais dans leurs choix d’implantation, souligne une analyse publiée ce dimanche en Espagne.
Dans un entretien accordé à AS, le cabinet ACK3 décrit un pays capable d’insérer les investisseurs dans les chaînes internationales de production. À la proximité géographique s’ajoutent les capacités industrielles et les infrastructures qui permettent d’acheminer les marchandises vers les marchés étrangers.
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Cette présence espagnole est déjà bien installée. Dans un bilan publié en février 2025, le gouvernement de Madrid recensait plus de 350 entreprises implantées au Maroc, notamment dans l’énergie, les infrastructures, les composants automobiles, la banque et la technologie. Leurs investissements cumulés approchaient les deux milliards d’euros, avec 27 655 emplois associés.
Le royaume était alors le premier destinataire des investissements espagnols en Afrique. Cette implantation s’appuie sur des échanges commerciaux particulièrement denses entre les deux pays : les entreprises trouvent au Maroc des clients, mais aussi des fournisseurs et des partenaires de production.
L’automobile illustre cette intégration. Gestamp, Antolín, CIE Automotive et Ficosa disposent d’activités dans le royaume. Plus de 90 entreprises du secteur automobile basque fournissent également l’industrie marocaine, dont les usines sont reliées aux chaînes d’approvisionnement européennes.
Des usines, mais aussi des marchés à décrocher
Pour les groupes espagnols, l’intérêt du Maroc dépasse toutefois la fabrication de composants. Les investissements dans les transports offrent également des contrats importants. En février 2025, Madrid et Rabat avaient signé un protocole financier couvrant un crédit de plus de 750 millions d’euros pour l’acquisition de 40 trains interurbains.
Selon le gouvernement espagnol, ces rames doivent être fournies par CAF et pouvoir circuler à 200 km/h. Ce premier projet marocain du constructeur montre comment la modernisation du réseau ouvre des débouchés aux industriels étrangers.
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La logistique attire elle aussi les professionnels espagnols. À Logismed Casablanca, en mai 2026, ICEX a organisé un pavillon réunissant des entreprises et des acteurs portuaires venus développer leurs relations avec le marché marocain.
Les besoins recensés par ACK3 concernent également l’eau, l’énergie, la construction et les services numériques. Avec les projets liés au Mondial 2030, les entreprises espagnoles cherchent ainsi à prendre place dans les futurs marchés de routes, de ports, d’aéroports, de chemins de fer et d’aménagement urbain.