Autocars : Les compagnies fantômes toujours d’actualité

- 17h00 - Belgique - Ecrit par : L.A

Quelques compagnies d’autocars négligent encore la sécurité au profit du prix. Le secteur dénonce un "noyau dur" de compagnies délinquantes. Seul le flagrant délit permet de lutter réellement contre de telles pratiques.

Souvenez-vous, c’était le 21 mai 2006. Un autocar immatriculé en Belgique quittait la route non loin de Madrid avec 31 passagers à son bord. Bilan 7 morts et 18 blessés. Le véhicule appartenait à "Biladi Travel", une société établie dans le quartier de la gare du midi, et effectuait la liaison entre Bruxelles et le Maroc.

Très vite, de graves manquements aux règles les plus élémentaires de sécurité seront épinglés pour expliquer cet accident : un véhicule défectueux, une compagnie fantôme dépourvue de licence d’exploitation et des temps de repos non-respectés pour les chauffeurs.

Un an auparavant, un accident similaire survenait également à Poitiers avec un autocar immatriculé au Maroc. Onze morts et trente-neuf blessés. Ce double drame avait profondément frappé les esprits dans notre pays, et particulièrement chez certains de nos concitoyens d’origine marocaine, habitués à voyager par ce type de lignes d’autobus bon marché vers leur pays d’origine durant l’été.

A l’époque déjà, le secteur dénonçait les pratiques de certains transporteurs, opérant depuis le quartier de la gare du midi, sans licence d’exploitation et au mépris total des règles de sécurité, parfois même pour couvrir d’autres activités encore moins licites...

Avenue de Stalingrad

Depuis ces accidents, le ministère de la Mobilité et des Transports a considérablement renforcé ses contrôles mais le risque a-t-il diminué pour autant ?

Lorsqu’on se balade non loin de la gare du midi sur l’avenue de Stalingrad en ces jours estivaux de départ en vacances, on constatera de prime abord que de nombreuses vitrines d’agences de voyage continuent de proposer une multitude d’offres alléchantes de transport bon marché vers le Maroc.

Pas de quoi pourtant en tirer des conclusions hâtives quant à leur légalité ou la qualité de leurs services car à en croire le porte-parole de la Fédération belge des exploitants d’autobus et d’autocars (FBAA), les transporteurs délinquants sont peu nombreux et ce sont, selon lui, toujours les mêmes d’années en années qui perpétuent leurs pratiques frauduleuses en réssuscitant notamment des compagnies disparues sous des nouveaux noms.

"Il s’agit d’un noyau dur dans un créneau bien précis" explique ainsi Yves Manaerts. "Mais le comportement de quelques délinquants ne doit certainement pas jeter l’opprobre sur l’ensemble d’un secteur qui dans son immense majorité, continue d’offrir un service de qualité et sécuritaire, et ce, sans bénéficier d’aucune aide de l’Etat".

Seules trois compagnies disposent aujourd’hui d’une licence en bonne et due forme pour exploiter des liaisons d’autocar vers le Maroc à partir du territoire belge. A ce nombre, il faut ajouter les éventuels sous-traitants et d’autres compagnies étrangères, opérant par exemple depuis les Pays-Bas, mais autorisées à charger et décharger des passagers en Belgique.

Avoir une licence d’exploitation ne signifie néanmoins pas pour autant rouler dans la légalité. Car pour réaliser une liaison routière sur une distance aussi longue que celle qui sépare Bruxelles de Tanger ou Casablanca, il conviendra ainsi de respecter une série de règles de sécurité.

Outre le poids maximum que l’autocar ne pourra ainsi pas dépasser en bagages transportés, il conviendra surtout de respecter les temps de conduite et de pause en vigueur, qui s’avèrent particulièrement contraignants pour des transports de cette durée.

Comment dès lors débusquer ce noyau dur ? En les prenant sur le fait. Le mois dernier, trois autocars qui faisaient route vers le Maroc furent ainsi saisis au poste frontières d’Hensies lors d’un contrôle opéré conjointement par le parquet de Bruxelles et par le ministère des Transports. Signe que si le problème est loin d’être résolu, les autorités ont en tout cas pris les mesures nécessaires pour le contrer.

La Libre Belgique - G.C.

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