Ils avaient traversé la mer à sept, deux mois plus tard cette Marocaine se retrouve seule avec ses cinq filles

- 11h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Partie de la région de Fès avec son mari et leurs cinq filles, Tamo, 35 ans, se retrouve seule à Sebta après l’expulsion de son époux vers le Maroc. Sans solution durable pour loger ses enfants, dont un bébé de huit mois, elle a finalement reçu l’aide d’un habitant du quartier El Príncipe.

Ils étaient sept lorsqu’ils ont traversé la mer pour rejoindre Sebta. Deux mois plus tard, ils ne sont plus que six. Tamo, une Marocaine de 35 ans, doit désormais s’occuper seule de ses cinq filles. L’aînée a onze ans, la dernière seulement huit mois. Leur père a été renvoyé au Maroc et la famille n’a plus d’endroit où rester.

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Avant cette traversée, tous vivaient dans un village près de Fès. Fin juillet, lors des arrivées massives de migrants à Sebta, les parents et leurs enfants ont pris la mer, équipés de gilets de sauvetage. Un photographe espagnol les avait alors immortalisés dans l’eau. Aujourd’hui, ses images racontent une famille séparée.

Pendant plusieurs semaines, Tamo et ses filles ont trouvé refuge chez des habitants du quartier El Príncipe. Mais cette solution provisoire a fini par s’épuiser. Selon la mère, son mari a été expulsé vers le Maroc quelques jours auparavant, à la suite d’un incident lié à l’alcool et à des troubles à l’ordre public.

Restée avec ses cinq enfants, elle s’est tournée vers les habitants du quartier pour trouver une nouvelle solution. C’est là qu’intervient Ahmed Enfed-Dal, 48 ans, médiateur social et président de l’association des habitants d’El Príncipe.

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Ahmed connaît bien ces familles arrivées pendant l’été. Depuis le 30 juillet, il voit défiler des migrants qui cherchent un endroit où dormir. « Certains sont retournés dans leur pays, d’autres sont restés ici », raconte-t-il au quotidien espagnol El País, qui lui a consacré un reportage publié ce vendredi 9 octobre.

Le quartier accueille désormais de nombreuses personnes venues chercher refuge après leur arrivée à Sebta. Certaines dorment dans des abris improvisés, d’autres chez des habitants. La récente évacuation du campement d’El Trampolín, installé près d’une plage, a encore augmenté le nombre de migrants présents dans ses ruelles.

Ahmed tente de répondre aux demandes, particulièrement nombreuses parmi les mineurs. Son engagement rappelle celui d’un autre travailleur social venu aider les jeunes Marocains à Sebta. Pour Tamo et ses filles, il décide de contacter les autorités espagnoles afin de leur trouver une place dans une structure d’accueil.

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La démarche finit par aboutir. La mère et ses cinq filles obtiennent une place dans l’un des dix dispositifs d’hébergement mis en place par le gouvernement espagnol. Lorsque la nouvelle lui est annoncée, Tamo laisse éclater son soulagement, rapporte le journal espagnol.

Pour cette famille originaire de la région de Fès, la recherche d’un toit s’achève donc sur une issue favorable. Mais la séparation demeure : le père se trouve toujours au Maroc, tandis que son épouse et leurs cinq filles restent à Sebta.