Bruxelles cherche à aider les victimes des mariages forcés

- 22h13 - Belgique - Ecrit par :

Les mariages forcés sont encore un tabou. Il y a très peu de statistiques. Et pas de plaintes. Mais c’est une réalité. » Pour avancer cette affirmation, la députée régionale bruxelloise Caroline Persoons (FDF) se base sur une enquête de l’UCL auprès de 1200 élèves de 15 à 20 ans, à Bruxelles, Charleroi et Liège. Parmi eux, 23pc disaient y avoir été confrontés de près (dans la famille) ou de loin (chez les connaissances). Avec un taux de réponse de ce type deux fois plus élevé en Région bruxelloise.

Interpellées par ces chiffres et par des témoignages qu’elles recueillent, MmePersoons et sa collègue Souad Razzouk (FDF) prônent le renforcement de la prévention et l’amélioration de l’aide aux victimes. Elles interviendront en ce sens la semaine prochaine au Parlement de la Communauté française et au Parlement francophone bruxellois. Elles n’aborderont pas l’aspect répressif, qui relève du fédéral, où des propositions visent à ajouter le mariage forcé dans les codes civil et pénal, pour le traiter comme le mariage blanc : annulation d’une part, prison et amende de l’autre.

Pour ce qui les concerne, les députées Persoons et Razzouk se focalisent sur la prévention : elles sensibiliseront les gouvernements francophones à la nécessité d’informer les jeunes, de soutenir le milieu associatif, de former les enseignants, etc. Et elles prôneront la création d’un centre d’accueil et d’un numéro vert pour assister les victimes de mariages forcés ou de tentatives de mariages forcés. Histoire de combattre une tradition ancrée dans certaines familles, où les pressions morales, voire physiques, sont grandes.

« Même s’il touche surtout des musulmanes, ce n’est pas un problème religieux, souligne MmeRazzouk. C’est une question de mentalité, d’arrangements familiaux, etc. » Elle précise que l’islam ne le tolère pas et exige le consentement des époux. « Mais il existe des réseaux qui aident les familles à organiser des mariages forcés », selon elle.

D’où la nécessité de détecter, par exemple, le mal-être d’une adolescente à l’école et d’intervenir avant qu’elle disparaisse de l’établissement, pendant les vacances, et se retrouve mariée de force dans le Grand Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie, Mauritanie, Soudan), en Asie, en Afrique subsaharienne, en Turquie. Ledit numéro vert devrait donc être accessible de l’étranger.

Mais MmePersoons note que l’intervention d’un juge de la jeunesse alerté par un centre PMS a parfois permis d’éviter de telles situations, en plaçant l’adolescent en internat et en nouant le dialogue avec sa famille.

MmeRazzouk s’efforce, en tout cas, de combattre les clichés en la matière, et pas seulement religieux. Elle explique ainsi que ces mesures ne visent pas que les mineurs, mais aussi les adultes. Elle relate même le cas d’un homme marié de force à l’insu de l’épouse, sincèrement amoureuse. Et elle assure que cela a pu conduire à des tentatives de suicide ou d’assassinat.

La Libre Belgique

  • Belgique : Mariages forcés, 8% sont marocains

    Un envahissement pacifique du Parlement mis sur pied par Écolo, hier. Une distribution de pommes rouges dans les gares ce matin par le PS. Des brochures destinées aux mêmes navetteurs ce mercredi par le CDH et le MR. Pas de doute : les partis, à trois mois des élections, ont voulu marquer de leur présence la Journée internationale de la femme, ce jeudi.

  • France : Guerre contre les mariages blancs

    Les députés français ont adopté le projet de loi dont l'objet est de lutter contre les mariages de complaisance et les mariages forcés.

  • Belgique : Les mariages « blancs » punissables

    Les personnes qui se marient en Belgique dans le seul but d'obtenir un permis de séjour sont désormais passibles de peines de prison pouvant aller jusqu'à deux ans.

  • Les Marocains en tête des mariages blancs en Belgique

    D'emblée, ces chiffres, qui nous sont procurés par l'Office des étrangers, appellent une précision importante. En fait, l'Office des étrangers est saisi d'une demande d'enquête dans les cas où l'administration communale suspecte les véritables motivations d'un projet de mariage civil.

  • Le parquet de Bruxelles se charge de l'affaire Servaty

    Le parquet de Bruxelles s'est chargé, depuis jeudi, de l'affaire Philippe Servaty, ex-journaliste du quotidien belge "Le Soir", impliqué dans le scandale des images pornographiques d'Agadir, apprend-on vendredi. Il s'agit d'une "enquête menée par le procureur du Roi", a expliqué une porte-parole du parquet.

  • Belgique : Les mariages blancs impunis

    Un an après l'entrée en vigueur de la loi réprimant les mariages blancs, pas un seul tribunal n'a encore prononcé une condamnation en la matière.

  • Mariages forcés des filles MRE : Des vacances qui se transforment en cauchemar

    Il n'existe pas d'étude exhaustive sur le sujet, simplement des histoires racontées par celles et ceux qui font remonter des réalités du terrain. Ces histoires sont celles de jeunes filles d'origine marocaine vivant en Europe victimes de mariages forcés. Au Maroc, en dépit de la réforme de la Moudouwana, cette pratique reste très courante dans plusieurs régions, surtout pendant la période estivale. Et pour de nombreuses jeunes filles, les vacances au pays se transforment souvent en cauchemar.

  • Moudawana contre codes civils étrangers

    LES changements introduits par le code de la famille a permis de répondre en partie à des situations parfois ubuesques que vivaient les Marocains résidents à l'étranger (MRE). Malika Hafid, vice-présidente au tribunal de première instance de Casablanca, division Droit de la famille, souligne d'incontestables acquis même si le texte reste améliorable. « Le législateur s'est préoccupé de trouver des solutions aux nombreux problèmes que vit cette population que ce soit au niveau du pays d'accueil ou de retour au Maroc ».

  • Festival National des Arts Populaires de Marrakech à Bruxelles

    La célèbre Grand-place de Bruxelles vibrera mercredi soir aux rythmes du Festival National des Arts Populaires, avec la projection sur écran géant de quelques moments forts de cette 40e édition, qui se poursuit jusqu'au 9 juillet à Marrakech.

  • Nouzha Chekrouni à Bruxelles

    Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la communauté marocaine résidant à l'étranger, a eu, mardi à Bruxelles, des entretiens avec le Commissaire européen aux affaires sociales et l'emploi, Vladimir Spidla, et la présidente de la délégation Maghreb au Parlement européen, Louisa Fernanda Rudi Ubeda.