Un car transportant des MRE prend feu en France

- 11h54 - France - Ecrit par : L.A

Ils n’avaient vraiment pas prévu cette halte-là. Vingt-huit Marocains habitant en Belgique qui retournaient « pour les vacances » au pays de leurs racines ne sont pas près d’oublier le séjour qu’ils ont effectué entre avant-hier et hier au routier « L’Imprévu » de Vignolles, en bordure de nationale 10.

Le patron du restaurant non plus. Quand il a vu arriver devant chez lui ce bus enflammé au niveau du train arrière, mercredi vers 22 heures, Philippe Bertrand n’a pas tergiversé pendant cent sept ans. « J’ai bondi dehors et j’ai éteint le début d’incendie comme j’ai pu avant que les pompiers n’arrivent », raconte celui qui n’en était qu’au tout début de ses surprises.

Passée la grosse frayeur, les voyageurs ont tenté de trouver une solution de repli auprès de leur transporteur, une société espagnole. Vainement. Et le patron de « L’Imprévu », ce troquet au nom si prédestiné, s’est retrouvé avec tout ce petit monde sur les bras. « C’est scandaleux, peste-t-il, qu’on laisse des gens dans une situation pareille. » Avec son épouse et les employés du restaurant, ils ont immédiatement mis en place un dispositif d’accueil. À la bonne franquette, « en sortant toutes les couvertures que j’avais chez moi pour ne pas qu’ils aient froid dans le bus », confie la patronne, Kathy Bertrand. Les passagers ont dormi pour quelques-uns dans le véhicule. D’autres ont veillé toute la nuit entre les murs du café exceptionnellement resté ouvert. Un couple a même été hébergé dans le salon des Bertrand, parce que « la dame a fait une crise d’asthme suivie d’une bronchite. Il a fallu faire venir le médecin que nous avons payé nous-mêmes ».

Autant de marques de réconfort qui ont sincèrement touché les naufragés de la RN 10. Hier matin, les yeux rougis par la fatigue, ils étaient toujours là. En petit groupe autour du mécano Greg Azema venu d’Angoulême tout exprès. Calmes d’apparence mais bouillant intérieurement contre leur lointain et injoignable transporteur, « très fort pour demander d’aligner les billets et plus là au moindre pépin ».

Bien au-delà du banal fait-divers, l’incident de Vignolles met le doigt sur un véritable phénomène de société. Et soulève le problème des voyages low cost aux conditions très discutables. Ils sont plusieurs à témoigner de la méthode. 80 euros pour un trajet Bruxelles-Tanger. « Parfois plus, selon la tête du client », glisse Jamal.

« Sécurité zéro »

Une « arnaque », disent maintenant ceux qui, hier encore, pensaient que c’était là une véritable aubaine. Un super-plan pour rentrer souvent et à moindres frais au Maroc. Sauf qu’il faut voir les conditions. « Niveau sécurité, c’est zéro, reprend Jamal. Il n’y a même plus les marteaux pour casser les vitres en cas de souci. ». Une broutille à côté du spectacle qui s’offre à ceux qui montent dans le bus. Dissimulés par des rideaux baissés en permanence, « 50 à 60 kg » de marchandises - jusqu’au matériel électroménager ! - occupent le tiers du véhicule « qui devait être remplacé le mois dernier ». Sur l’arrière, précisément au-dessus des roues où le feu a pris mercredi soir.

Abderrahman explique que c’est ça que l’on percevait comme « le vrai atout de cette navette qui fait plusieurs fois par semaine l’aller-retour Bruxelles-Tanger ». La possibilité de ramener tout un tas de fournitures sans surcoût, à n’importe quelle condition. Une aberration que cet homme cultivé préférait ne pas voir jusqu’ici. En frôlant le pire, il a ouvert les yeux. Et compris que ce système ne faisait en définitive pas grand cas de la sécurité des personnes. Il a fini de convaincre les autres, au risque de se heurter au « prétendu » organisateur, un homme sur les nerfs qui peste sans en avoir l’air contre le jeune mécano qui les retient ici. Avec le chauffeur, ils s’accordent à penser qu’il « n’y connaît rien » et que tout le monde peut remonter. Greg Azema tient bon. « Je vous dépanne, vous êtes sous ma responsabilité et je ne peux pas vous laisser repartir dans ces conditions. » La présence des gendarmes sur place empêche les dérapages. Et il faudra encore quelques heures de patience, de coups de fil aux consulats, à une société d’assistance italienne (!) ou encore aux autorités locales avant qu’enfin, un autocar de la société Maillard d’Angoulême ne soit affrété à Vignolles, hier à 18h15.

Coincé près d’une journée à quelques pas de Barbezieux avec tous les autres, Abderrahman a eu plus que le temps de repenser à cette mésaventure. Au pourquoi de ces voyages. Et à l’époque où il a quitté son pays « pour l’illusion d’une vie meilleure ». Il rêve du jour « prochain » où il ne fera plus la route. Quand il aura « reconquis un petit royaume au Maroc », renouant « définitivement » avec les siens. Là où il veut « vivre en paix » et retrouver cette « belle solidarité » croisée un soir de juin. Sur une route de Charente, chez un couple qui tenait auberge toutes portes ouvertes.

Source : Charente libre - Benoît Caurette

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