Un mariage annulé pour cause de non-virginité en France

- 23h14 - France - Ecrit par : L.A

L’union d’Aïcha et de Nouredine, c’était une affaire de famille frappée du sceau de la tradition. Les deux époux, dont le mariage a été annulé en avril par un jugement de la chambre civile du tribunal de grande instance de Lille, ont en effet été présentés l’un à l’autre par leur entourage familial. Ironie du sort, leur rencontre a eu lieu à l’occasion d’une noce célébrée entre d’au­tres membres de leurs « clans » respectifs.

Leur union n’aurait pas été arrangée mais « projetée » et bien vue par deux familles, heureuses de se lier. Lui est un Français né au Maroc, à Fez, âgé d’une trentaine d’années. Ingénieur, il est bien intégré professionnellement, tout comme son frère, qui occupe un poste de direction dans une société. Elle, aussi d’ori­gine marocaine, est née en 1983 dans le nord de la France où elle poursuit des études d’infir­mière. Tous deux sont de confession musulmane et une petite di­zaine d’années les sépare. Avant de s’unir, Aïcha et Nouredine ont pris le temps d’apprendre à se connaître. Leur attachement a grandi sous le regard bienveillant de leurs proches pendant près de deux ans. Mais Aïcha, qui n’avait sans doute pas parlé à sa famille d’une précédente relation, n’a pas la force d’expliquer qu’elle n’est pas vierge.

L’échéance de l’union approchant, la jeune femme aurait songé à faire appel à la chirurgie pour reconstituer son hymen. Opération imparfaite ou non effectuée ? Quoi qu’il en soit, le soir même des noces, le scandale éclate. Vers quatre heures du matin, le marié annonce la nouvelle aux invités qui partageaient le dernier thé à la menthe. Accusée d’avoir humilié son époux et leurs deux familles, Aïcha aurait été reconduite chez ses parents dans la foulée. Pour Nouredine, la procédure de nullité de l’union de­venait la seule façon de laver son honneur. Une annulation qu’il de­mande non pas au nom d’un « droit à la virginité » mais du mensonge de sa future épouse.

Journée « très traumatisante »

« Quand j’ai reçu ma cliente pour la première fois, en août 2006, une vingtaine de jours après la noce, elle était dans une grande souffrance. Un de ses amis l’avait emmenée jusqu’à mon cabinet et parlait à sa place, raconte Me Mauger. La journée du mariage avait été très traumatisante et elle venait de recevoir une assignation de son mari. » À titre personnel, l’avocat se dit « très choqué » que l’on puisse parler de « qualités essentielles » dans les cas d’annulations de mariage pour dé­faut de virginité, « comme si l’on faisait référence à un vice caché dans une vente de biens ». « J’ai fait savoir à ma cliente qu’un juge ne pourrait jamais aller dans le sens d’une de­mande en nullité pour une telle motivation si ce n’était pas son ­souhait, et elle a repris confiance », explique-t-il. Mais son mari lui aurait fait savoir qu’il était prêt à aller en cassation pour obtenir gain de cause.

Effrayée de voir l’affaire se prolonger pendant des années, la jeune femme accepte alors d’entamer la procédure. « Il ne s’agit pas d’une soumission, souligne Me Mau­ger.Son acquiescement lui permettait de sortir techniquement d’une procédure. Le juge l’a compris et a entériné cet acquiescement. Ma cliente était malgré tout très contente, car cette décision lui a permis de re­trouver sa liberté. C’est un soula­gement. » C’est ainsi que l’union d’Aïcha et de Noure­dine a été « effacée ».

Source : Le Firgaro - Agnès Leclaire

  • Hymen recousu, honneur sauvé

    Pour pouvoir se marier, Hayat, jeune femme musulmane de la région parisienne, a reconstitué sa virginité. Un témoignage qui prend tout son sens, alors qu'un tribunal de Lille vient d'annuler une union pour « mensonge » sur chasteté.

  • Les mariages entre Français et étrangers de plus en plus contrôlés

    Factures de téléphone, mails, photos..., elle a "tout livré" de sa vie. Mais ni la commission de recours contre les refus de visa, ni le Conseil d'Etat qu'elle a saisien référé n'ont rien voulu entendre. Mariés depuis janvier, Marie et Yassir, 25 et 24 ans, partagent leur vie quotidienne par webcam interposée.

  • Une Marocaine battue expulsée, qu'en pensent Sarkozy et Dati ?

    Une certitude, la date du lundi 31 mars 2008 restera à jamais gravé dans la mémoire de Sabah Souiri. Ce jour-là, elle va vivre un véritable cauchemar. La jeune fille (30 ans) se retrouve, seule, démunie, perdue, à l'aéroport de Casablanca, tard dans la nuit. Sans argent ni effets personnels, Sabah est « lâchée » par la France.

  • Une Marocaine en burqa se voit refuser la nationalité française

    La burqa est-elle incompatible avec la nationalité française ? Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, vient de se voir refuser la nationalité au motif qu'elle "a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes".

  • Une française enlevée, mariée et violée à Fès

    Un Bordelais de 27 ans a été présenté, mis en examen et écroué, samedi, à Agen, pour « enlèvement, séquestration et viol » d'une jeune Villeneuvoise de 24 ans rencontrée dans la bastide.

  • Une famille marocaine menacée d'expulsion en France

    Un père de famille d'origine marocaine et ses trois enfants qui habitent le quartier d'Orzy sont sous le coup d'une menace d'expulsion du territoire français. Explications.

  • Expulsée alors qu'elle venait porter plainte pour violences conjugales

    Samia venait porter plainte pour violences conjugales. Elle a été expulsée de Maubeuge vers le Maroc en moins de 24 h. Le 31 mars, Samia erre à l'aéroport de Casablanca. Elle a été jetée là sans argent ni effets personnels par les autorités françaises. Bons baisers du pays des droits de l'homme...

  • "Moi, Faiza, 32 ans, à qui l'on interdit de devenir française..."

    Le Conseil d'État s'oppose à la naturalisation d'une jeune Marocaine. Parce que, adepte d'une « pratique radicale de sa religion », elle porte le niqab. Rrencontre.

  • Trois Marocains opposés au mariage de leur frère tentent de le kidnapper lors de la cérémonie

    Trois frères opposés au mariage de leur frangin ont été placés sous mandat d'arrêt après avoir été présentés au juge d'instruction samedi soir en Belgique.

  • La famille marocaine avait organisé un mariage blanc

    Deux hommes âgés de 49 ans ont été mis en examen hier à Versailles pour avoir tenté d'organiser, entre 2007 et 2008, un mariage blanc entre Achères, Poissy et le Maroc.