Casablanca : Hafida et Michel font bonne pêche

- 20h55 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Les poissonniers ? Ce n’est pas ce qui manque, surtout au Marché Central de Casablanca, qui a acquis ses lettres de noblesse grâce aux poissonniers, connus à travers le royaume. L’arrivée d’un jeune couple valentinois a changé le paysage. L’histoire mérite un détour malgré les grimaces de l’entourage.

Michel et Hafida ! Un jeune couple mixte arrive directement de France (Valence). Hafida, d’origine meknassie, ne voulait pas que ses enfants subissent le même sort que celui des « Beurs » des quartiers chauds, qu’ils deviennent des Maghrébins déracinés. Elle qui possédait une boutique de prêt-à-porter à Auchan de Valence. Michel, son mari, avait une société de messagerie rapide, installée dans la même ville.

Ils plient bagage en septembre 2001et décident de rentrer au Maroc. Le jeune couple cherche d’abord à s’installer à Dar Bouazza, sur la route côtière de Casablanca vers Azemmour, où il comptait réaliser un complexe touristique digne des meilleurs endroits pas cher et mieux accueillant. C’était, disent Hafida et Michel, pour donner une leçon à ces étrangers qui, après un séjour au Maroc, reviennent chez eux en criant à l’arnaque.

Le couple a dû faire plusieurs allers-retours pour se rendre à l’évidence que le langage des dessous de table était le meilleur, sauf qu’eux deux ne mangeaient pas de ce pain-là. Le projet sera abandonné et Michel retourne en France.

Hafida, qui est restée près de ses enfants scolarisés, se rend compte un jour qu’il n’y avait pas un véritable commerce de poisson. Le poisson, le meilleur qu’on lui offrait, était exposé sur du papier journal, même au Marché Central. Elle s’en va au port et remarque que les poissonniers sortaient de l’eau de mer des véritables dépotoirs où s’entassent ordures, huiles et mazout pour nettoyer un semblant de poisson en état de décomposition avancée.

Elle prend contact avec Michel et le couple décide d’ouvrir un stand, de devenir poissonnier pour répondre à un besoin, un vide dont souffrent les passionnés des bons plats.
C’est au Marché Central que le local a été trouvé. Le couple crée une société, loue un stand et équipe son local avec un matériel qui répond aux normes internationales d’hygiène. Du jamais vu à Casablanca. Marjane n’avait pas encore son stand à poisson. Ainsi, touristes comme clients assidus du marché ont pu constater que le poisson frais, acheté le matin même au port de pêche, était exposé sur de la glace. A la fermeture du marché, le poisson loge dans une chambre froide. Ouvriers comme patron portent une blouse blanche et des gants. L’eau avec laquelle le poisson est nettoyé est potable.

Vinrent les événements du 16 mai et Michel plie bagage et rentre en France. Il lui a fallu quelques mois pour qu’il se reprenne. Le local était resté fermé. Les mauvaises langues disaient que son commerce a foiré.
Michel et Hafida voulaient prouver que la qualité paie et elle se paie aussi. Leur commerce a trouvé, malgré tout, du succès auprès des connaisseurs et le jeune couple a ouvert un restaurant au quartier Al Azhar, à Sidi Bernoussi. Michel et Hafida ont maintenant trois enfants. L’aîné, Adam, assiste la maman pendant ses heures creuses et le père exige qu’il soit payé et traité au même titre que l’ensemble des employés.

Mais le couple a la vie dure. On ne peut révolutionner un monde qui sentait le pourri sans en payer les pots cassés !
Certains commerçants envieux ont chargé la bonne femme locataire initiale du stand. Elle est arrivée un vendredi du mois de mai dernier pour faire irruption dans le local et s’emparer d’un couteau. Elle a menacé Hafida et ses employés, leur demandant de quitter les lieux devant touristes, clients et autres commerçants.
Les services de police du 4ème arrondissement se sont rendus sur les lieux et ont établi des procès-verbaux suite auxquels la femme en question a été déférée devant le tribunal de première instance pour agression et menace à l’arme blanche.

Depuis, Hafida et Michel ont compris que la réussite, même dans le métier de poissonnier, a aussi...un prix à payer.

Mohamed Ahed - La Gazette du Maroc

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