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Les causes du tourisme sexuel au Maroc

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29 décembre 2007 - 22h14 - Société

La Coalition Internationale pour un tourisme responsable et respectueux a élaboré ce mois-ci un rapport sur la résurgence du tourisme sexuel au Maroc, expliquant les causes du phénomène tout en proposant des solutions. Le rapport, remis par Khalid Semmouni, Ambassadeur de bonne volonté de la Coalition, a mis en évidence la forte liaison du tourisme sexuel à la mondialisation et à l’ouverture des frontières, ajoutant que les gens se sentent attirés par ce qu’ils considèrent comme exotique.

La pauvreté et l’exclusion contribuent au développement de la prostitution au Maroc. Parmi les autres origines citées dans le rapport, on trouve la violation des droits socio-économiques de l’enfant, le manque d’éducation sexuelle et des droits de l’Homme de la population, l’éclatement de la cellule familiale, la maltraitance au sein de la famille, la démission de l’école. Le rapport cite aussi le manque d’un plan d’action national pour l’enfance, garantissant la non-violence a l’égard des enfants, et la non sévérité de la loi concernant le viol des enfants.

Le rapport rapporte que le tourisme sexuel est non conforme aux conventions internationales qui existent et que le Maroc a ratifiées : Convention de 1949 pour la lutte contre l’exploitation sexuelle des femmes, la CEDAW, et la Convention sur les Droits de l’enfant. Il a évoque l’existence d’un vide juridique et des lacunes judiciaires, tout en proposant un renforcement du code pénal pour mieux affronter les abus sexuels contre les femmes et les enfants.

Les solutions mises en avant pour combattre le tourisme sexuel comprennent l’adoption d’une législation adaptée, notamment concernant les droits des enfants, et l’utilisation des moyens audio-visuels pour retranscrire l’attitude terrifiée d’un enfant, ainsi la formation d’acteurs du système pénal pour garantir une réponse judiciaire plus adéquate aux besoins des jeunes.

Semmouni a déclaré a Magharebia que « ce fléau existe également dans d’autre pays arabes, mais est beaucoup plus important au Maroc vu qu’il est ouvert d’avantage sur l’Occident et et compte-tenu de sa situation géographique ». Semmouni a proposé que tout touriste impliqué dans une affaire de pédophilie au Maroc soit interdit de séjour dans le pays.

Najat Anwar, présidente de l’ONG « Touche pas a mon enfant », a déclaré a Magharebia : « Il faut réussir à instaurer un système de collaboration avec des instances associatives et gouvernementales internationales comme ECPAT et Interpol pour repérer, dénoncer et empêcher de nuire à nos enfants marocain, le pédo-criminel touriste qui débarque dans notre pays pour assouvir ses instincts pervers ». Elle a également dit : « A l’échelle nationale, notre association a constaté avec satisfaction que le pédophile étranger ne jouit plus tellement de son ’immunité touristique’ et qu’il est devenu aussi punissable que le pédophile autochtone. »

Malgré les efforts de l’administration, la création en 1994 d’une police de tourisme mise en place à Marrakech, le jugement de plus de 40 touristes pour des affaires de pédophilie et de prostitution, depuis 2001, le Maroc a encore un long chemin a faire pour pouvoir éradiquer ce phénomène, s’accordent à dire les protecteur des droits de l’homme dans le pays.

Magharebia - Naoufel Cherkaoui

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