Chamakh, l’incontournable

- 23h09 - Sport - Ecrit par : L.A

Alors que Laurent Blanc se plaint du manque de caractère de ses troupes, on peut s’interroger sur le fait qu’il s’appuie aussi peu souvent sur Marouane Chamakh. Quatre titularisations en Ligue 1 et six fois remplaçants avant cette 12e journée, c’était peu. Pourtant, s’il en est un qui possède un mental inoxydable, une foi inébranlable et un goût prononcé pour le combat, c’est bien l’international marocain. Il a même peu d’égal dans ce domaine si ce n’est Franck Jurietti. Et peu importe s’il n’est pas encore un buteur patenté, une fine gâchette, un « tueur » froid devant la cage. Dans le contexte actuel où les Girondins attaquent leurs matches avec tant de fragilité et de fébrilité, de nonchalance et d’apathie, la présence et l’exemplarité d’un tel guerrier ne pourraient qu’être profitables au reste de l’équipe.

Il sonne la révolte

Il faut bien reconnaître que sa présence, samedi face à Valenciennes, a autant surpris que coïncidé avec une première période plus solide, à défaut d’être plus brillante, qu’à l’accoutumée. Même si le scénario, réagir au lieu d’agir, s’est encore répété. Cette fois, plus par la faute d’un arbitrage très inconsistant de M. Ruffray oubliant un penalty évident pour un plaquage de Ducourtioux sur Alonso (20e). 49 heures plus tôt, face à Galatasaray en coupe UEFA, à la pointe d’une équipe hybride, il fut le seul à sonner la révolte et à remettre le groupe dans le sens de la marche après la pause. Alors que Bordeaux sombrait corps et âme dans une première période d’une rare médiocrité, il a revêtu la tunique et le masque de Zorro pour se muer en sauveur, en héros de la patrie. Une passe décisive et un but ont alors scellé un succès que plus personne n’envisageait alors.

Et dire que deux jours plus tôt, il partageait au Palais Royal de Marrakech le dîner officiel organisé à l’occasion de la visite du président de la République française en compagnie du Roi Mohamed VI et de Nicolas Sarkozy. Il n’est rentré que la veille de la rencontre avec pas mal de fatigue dans la soute. Cela ne l’a pas empêché d’aller au bout de lui-même et d’achever la partie éreintée, exténuée. L’homme qui s’apprête à affronter l’équipe de France, le 16 novembre prochain au Stade de France, n’en est pas à son coup d’essai.

Au bout de lui-même

Exténué pourtant à l’issue de son périple et du match plein livré face aux Turcs, on l’attendait davantage sur le banc qu’à la pointe d’un trident offensif.

« Même si j’ai été un peu surpris d’être titularisé, avouait-il après coup, je me suis préparé en me disant que le mental devrait absolument prendre le dessus. J’ai fait en sorte de donner le maximum jusqu’au moment où je ne pouvais plus avancer. C’était plus difficile en première période car j’étais seul. A la reprise, on a eu plus d’espaces à deux mais là j’ai vraiment ressenti la fatigue. Même si on n’a pas réalisé un grand match, on est content d’avoir renoué avec la victoire. C’était vraiment l’essentiel ». Deux succès en moins de trois jours avec Chamakh, monstre d’exemplarité, de courage et d’abnégation, sur le terrain, faut-il vraiment s’en étonner ?

Rappelons qu’à Strasbourg, le week-end précédent, il avait été lancé dans le grand bain juste après le repos afin de relancer une formation en pleine déprime, menée 1-0, et au bord de la rupture. Si le technicien girondin a procédé en même temps à un remaniement tactique, la présence de son jeune attaquant s’est avérée déterminante. De par son pressing incessant sur les derniers défenseurs, la qualité de ses percussions, ses replis défensifs très utiles, il a rendu une âme à sa troupe. En outre, il a initié le bon tempo, lancé enfin des flèches incisives et servi les desseins de ses partenaires. Tout le monde lui a alors emboîté le pas. C’est peut-être plus facile quand on vous montre le chemin.

Un exemple à suivre

Sans oublier, bien sûr, la cuisante défaite concédée à domicile face à Lyon (1-3). Son entrée en deuxième période a encore changé la face d’un match engagé cette fois sur la voie de l’humiliation (0-2).

Accroché au dos de la montagne rhodanienne, il a planté son piolet, s’est battu sans renoncer et s’est hissé au sommet sans rendre les armes, accompagné par une cordée enfin plus déterminée. Sur un ballon récupéré par ses soins, Chamakh a offert la réduction du score à Jussiê. 1-1 lors du second acte, l’honneur était sauf. Alors, pourquoi n’est-il pas plus souvent titulaire ? On lui reproche une finition trop approximative, un manque de lucidité et d’adresse dans l’ultime geste. Exact. Seulement, son exemplarité dans le don de soi, sa faculté à se sublimer, à se dépasser valent bien tous les buts du monde. Et lorsqu’on lui demande êtes-vous prêt à rejouer demain, il répond dans un éclat de rire : « Pas de souci ! Non, là, je suis mort ! »

Sud Ouest - Alain Goujon

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