"Contes de sable et de pierres"

- 10h33 - Maroc - Ecrit par :

En ces jours de tourmente moyen-orientale, il fait bon recevoir des images du désert autres que celles diffusées aux quatre coins du monde par CNN et ses dérivés. Fruit d’un long séjour au Maroc et en Algérie, Contes de sable et de pierres a donné à France Renaud l’occasion de broder autour de souvenirs personnels autant que de fables de caravaniers. Ces neuf "récits de brigands" nous emmènent à travers des dunes mi-réelles, mi-rêvées, quelque part entre Ali Baba et les 40 voleurs et les aventures africaines de Frison-Roche.

D’abord scénariste et photographe, France Renaud sait poser un décor, varier les angles de vue, faire chanter la lumière. L’auteure, qui se commet pour la première fois, sait quant à elle installer un ton et dessiner ses personnages. Contrairement à Saddam et ses comparses déchus, voilà des bandits auxquels on s’attache, tant la poésie imprègne le récit de leurs aventures. Suffit que le soleil du reg soit trop assommant, par un après-midi marocain, pour que ceux-ci demeurent à la fraîcheur d’une caverne, racontant à tour de rôle le vol de quelque cheval chimérique ou leur nuitée dans les délices d’un harem fleurant la fleur d’amandier. Histoires vraies ou fabulées ? Fabuleuses en tout cas, pour nous faire marcher le long de cette frontière fragile entre le plausible et le merveilleux.

Après une rasade d’arak ou une bouffée de kif, chacun y va de sa réflexion sur l’amour. Oasis inespérée ou encore "invention d’esprits trompeurs vous faisant miroiter la poésie pour du vrai", celui-ci guide assurément les pas de nos voyous, qui semblent souvent plus intéressés à voler les coeurs que les bijoux. Malgré quelques traits grivois - nous sommes parmi une horde de canailles, après tout -, les témoignages sont surtout chargés d’un érotisme imagé. La langue est habilement épicée de réflexions glanées par l’auteure durant son périple, du genre : "L’homme qui a goûté au raisin peut-il en décrire le jus à l’homme qui a soif ?"

Si un texte plus ésotérique comme Le Ravi, L’Halluciné ne touchera pas tout le monde, l’ensemble enchantera jeunes et moins jeunes. De plus, chaque histoire comporte son petit lexique des termes propres au désert. Comme une invitation au voyage. Éd. Triptyque, 2003, 159 p.

http://www.voir.ca

  • Télé : Voyage au coeur des déserts

    La splendeur des dunes qui chantent avec le vent, le sable à perte de vue, le charme des bivouacs : les images du désert et de son univers ne manquent pas. Mais les déserts ne se résument pas à des étendues jaunes granuleuses avec les îlots verts des oasis. Ils sont également de pierre, de glace ou même de sel et couvrent un tiers de terres émergées de notre planète.

  • Tamazight : les dernières parutions . . .

    • « Women as brave as men » de Michael Peyron est une anthologie des contes des Aït Warayen au Moyen Atlas. M.Peyron, professeur à Al Akhawayen est un grand spécialiste de la poésie amazigh du Moyen Atlas. Il enrichit son palmarès par la collecte de contes sur le rôle héroïque des femmes qui bravent différents défis et dangers. Cette anthologie met en exergue le rôle de la femme dans les sociétés du Moyen Atlas où elle est plus que femme de foyer. Le livre est publié par les soins de l'université Al Akhawayen en anglais.

  • Les Merveilles du Rif : Contes berbères

    Mohamed EL AYOUBI a réuni sous ce titre 15 contes merveilleux, collectés chez les Ayt Weryaghel dans le Rif central entre 1990 et 1997, auprès de Fatima n Mubehrur, une conteuse rifaine, âgée de 90 ans. Ces récits, relevant de la tradition orale berbère, présentent plusieurs caractéristiques de la réalité socioculturelle rifaine traditionnelle.

  • Des histoires simples qui en disent long

    Tahar Ben Jelloun entre sorcellerie, rumeurs, amours, désamours et amitié PORTRAIT On ne capte pas facilement son regard. Ce n'est pas qu'il se dérobe. Il n'esquive aucune question. C'est, sans doute, qu'il a gardé un peu de timidité d'enfance, de cette timidité que rompt parfois une colère explosive : « J'en appelle à une instance internationale morale afin que Bush et Blair soient jugés pour leur guerre inconséquente dont on ne sait ni le nombre de morts ni où s'arrêteront les ondes de choc ».

  • Raouf Oufkir : Mon « hôte » Hassan II !

    Au fil des ans, de 1972 à votre cavale de quelques jours, en 1987, vos conditions de détention deviennent de plus en plus épouvantables. Vous tenez pour acquis, dans le récit que vous en faites, que c'est Hassan II qui décide personnellement, et dans le moindre détail, du sort qui vous est réservé, et qu'il est donc directement responsable de cette descente aux enfers... J'affirme, en effet, qu'il en est ainsi et je mets au défi qui que ce soit de me contredire. Hassan II a toujours dirigé personnellement les affaires du royaume. A fortiori celles de ce qu'il appelait son « jardin secret », dont notre détention, cruelle et arbitraire, était le fleuron.

  • “Mon père n'a pas tué Ben Barka”

    « Dans ce livre, je raconte ce que, enfant puis adolescent, j'ai vu et entendu dans l'antre du pouvoir absolu. Mais je refais aussi le singulier chemin qui mène des marches d'un trône aux affres de ses oubliettes, de la frivolité à la découverte de soi. Car si ces dix-neuf années de souffrance furent terribles, elles se révélèrent pleines d'enseignement »,

  • Webhelp ouvre des centres d'appels au Maroc

    Pour réduire les coûts induits par leur centre d'appels, certaines entreprises choisissent de le délocaliser à l'étranger.

  • Fadoua Massat : L'absente

    Massat a frappé l'opinion marocaine par ses enquêtes coups de poing, puis elle a émigré aux Etats-Unis, où elle assure le service arabe de la Voix de l'Amérique.

  • Tamazight : le substrat berbère de la culture maghrébine

    Un grand nombre de noms antiques nord-africains se rapportant à des lieux ou à des personnes sont susceptibles de recevoir des explications étymologiques plausibles mettant en oeuvre des éléments du berbère moderne.

  • El-Kalaâ M'Gouna : quand la ville se couvre de pétales de roses

    La terre est rêche sur ces étendues plissées de vent et de soleil. De chaque côté de la bande de bitume qui mène de Ouarzazate, au sud-est du Maroc, à El-Kalaâ M'Gouna, par la vallée du Dadès, les chemins s'en vont, se croisent, et se perdent vers les montagnes du Haut Atlas ou vers les chaînes du djebel Sarhro.