Ils ont cotisé au Maroc et en Italie, mais leurs années ne s’additionnent pas automatiquement pour la retraite

- 16h00 - Monde - Ecrit par : Sébastien A.

Des années de cotisation en Italie, d’autres au Maroc, mais impossible de les additionner automatiquement pour obtenir une retraite italienne. Une nouvelle circulaire de la caisse de retraite italienne précise les droits des travailleurs passés par plusieurs pays. Pour les Marocains concernés, un accord signé en 1994 attend toujours son entrée en vigueur.

Le 18 février 1994, le Maroc et l’Italie signaient à Rome une convention destinée à protéger les droits sociaux de leurs travailleurs. Trente-deux ans plus tard, le texte attend toujours le feu vert du Parlement italien. Rabat l’avait pourtant ratifié dès le 29 avril 1998. Une attente qui pèse directement sur les Marocains ayant partagé leur carrière entre les deux pays.

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Le problème apparaît au moment de calculer la retraite. Prenons un salarié ayant cotisé dix ans en Italie, puis dix ans au Maroc. Faute de convention applicable entre les deux États, ses vingt années de travail ne peuvent pas être automatiquement additionnées pour ouvrir une pension italienne. Chacun des régimes examine ses droits selon ses propres règles.

Mardi 20 octobre, l’Institut national italien de prévoyance sociale (INPS) a publié une nouvelle circulaire sur les retraites internationales. Elle détaille les conditions dans lesquelles les périodes cotisées à l’étranger peuvent être prises en compte pour obtenir certaines pensions italiennes.

Le dispositif couvre notamment les carrières effectuées dans l’Union européenne, en Suisse, au Royaume-Uni ou dans des pays liés à l’Italie par une convention permettant l’addition des périodes d’assurance. Un travailleur marocain ayant cotisé en Italie et en France peut ainsi bénéficier de ces règles européennes, s’il remplit leurs conditions.

Un accord ratifié au Maroc, toujours en attente en Italie

La différence saute aux yeux dans les documents officiels italiens. Le consulat général d’Italie à Nice classe le Maroc parmi les pays dont la convention de sécurité sociale a été signée, mais reste sans ratification. La Tunisie, elle, figure parmi les États bénéficiant d’un accord applicable avec Rome.

La circulaire du 20 octobre apporte également une précision importante : une pension déjà obtenue à l’étranger peut être prise en compte dans l’examen des droits italiens. Les périodes d’assurance étrangères peuvent servir à remplir les conditions d’ouverture d’une pension, tandis que la part versée par l’Italie repose sur les cotisations relevant de ses régimes.

Face à cette situation, les syndicats des deux pays multiplient les démarches. Le 9 février 2026, la CGIL italienne et son organisme d’assistance INCA ont réuni à Rabat des représentants syndicaux et institutionnels pour réclamer la ratification de l’accord. Selon l’INCA-CGIL, deux députées italiennes avaient déposé, six jours plus tôt, une résolution demandant au gouvernement de relancer le processus.

Les retraités qui disposent déjà de droits en Italie peuvent, de leur côté, recevoir leur pension à l’étranger. L’INPS organise ces paiements dans environ 160 pays, notamment par virement bancaire. Pour les carrières partagées entre l’Italie et le Maroc, la difficulté reste de faire reconnaître ensemble les années cotisées de chaque côté de la Méditerranée.