Course aux armements : le Maroc augmente de 18 % son budget de Défense pour 2026

- 16h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

L’économie marocaine a connu une croissance soutenue ces dernières années, permettant au royaume d’investir massivement dans la modernisation de son armée. Le budget de défense pour l’année 2026 a augmenté de 18 % par rapport à 2025.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB du royaume devrait enregistrer une hausse de 4,4 %, une tendance qui devrait se maintenir dans les années à venir. En parallèle, le royaume a annoncé une hausse importante de ses dépenses militaires pour moderniser son armée et consolider son statut de puissance régionale face à son éternel rival, l’Algérie. Selon des sources officielles, le Maroc prévoit d’augmenter son budget de défense de près d’un cinquième l’année prochaine. Le projet présenté au Parlement lundi dernier alloue 157 milliards de dirhams (17,1 milliards de dollars) à la défense en 2026, soit 18 % de plus que l’année précédente. Ce montant représente environ 10 % du PIB du royaume, mais les dépenses réellement exécutées pour le secteur militaire sont estimées entre 4 et 5 % du PIB. Les dernières données font état de 4,2 %, soit le double de l’Espagne.

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Le royaume a considérablement renforcé ses capacités militaires au cours de la dernière décennie. Les dépenses ont augmenté chaque année depuis sept ans, progressant de près de 40 % depuis les 96,7 milliards de dirhams (10,4 milliards de dollars) de 2019. Un rapport récent de l’Institut international d’études stratégiques, un centre d’études américain, confirme cette forte hausse des dépenses de défense marocaines. Le pays a également diversifié ses fournisseurs d’armes en signant des accords avec la Chine, l’Inde, la Turquie, le Brésil et le Pakistan, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des pays occidentaux. Les analystes expliquent que les tensions avec l’Algérie et les menaces sécuritaires régionales ont poussé le Maroc à développer sa production militaire nationale, même si le pays reste encore loin de la frontière technologique pour fabriquer des armes aussi sophistiquées que celles importées des grandes puissances.

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Le département des affaires internationales de l’université de Navarre soulignait déjà l’année dernière que le Maroc avait modernisé son armée pour en faire l’une des plus avancées d’Afrique. L’Algérie et le Maroc augmentent tous deux leurs budgets militaires déjà importants, alimentant les craintes d’une course aux armements dans la région. Le principal point de friction reste le Sahara. Le Maroc considère cette ancienne colonie espagnole comme partie intégrante de son territoire, tandis que l’Algérie est un allié inconditionnel du Front Polisario. Pour Rabat, l’Algérie utilise cette question pour affaiblir son intégrité territoriale, tandis qu’Alger y voit un principe d’autodétermination des peuples. À cela s’ajoute une lutte pour le leadership régional. Le Maroc s’est rapproché des puissances occidentales et d’Israël, pendant que l’Algérie maintient des liens avec la Russie et le mouvement des pays non alignés. Il ne faut pas oublier la fermeture des frontières terrestres depuis 1994 et la rupture diplomatique de 2021.