Délocalisation de Lisi Automotive : quand le Maroc récupère le savoir-faire industriel français
Face à la délocalisation de leur production vers le Maroc, les 131 salariés de l’usine française Lisi automotive sont en grève. À l’approche de la fermeture définitive, ces ouvriers dénoncent des indemnités de licenciement jugées dérisoires.
La décision est inéluctable : d’ici le mois d’octobre, le site de Puiseux-Pontoise fermera ses portes au profit d’un transfert d’activités, ciblant notamment le Maroc. En réponse, les employés de ce spécialiste des fixations automobiles ont relancé un mouvement de grève le lundi 23 mars. Ils exigent un accompagnement digne de la part de ce groupe coté en Bourse.
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L’amertume domine largement face aux propositions financières actuelles. La prime supralégale de licenciement ne s’élèverait qu’à 1 400 euros. Concrètement, un ouvrier justifiant de vingt années d’ancienneté percevrait environ 40 000 euros bruts. Une enveloppe considérée comme insuffisante pour se projeter, d’autant que la moyenne d’âge des équipes atteint 51 ans, avec des qualifications très spécifiques aujourd’hui menacées de disparition.
Sous la pression des pouvoirs publics, l’entreprise a bien proposé 44 postes de reclassement au sein de sa division aérospatiale. Cependant, ces offres suscitent la méfiance. Elles exigent souvent un déménagement complexe vers la région bordelaise ou se résument à des contrats à durée déterminée. Marqués par cette rupture brutale, les salariés se montrent très réticents face à ces alternatives.
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Alors que les grévistes soupçonnent déjà une future opération immobilière sur les terrains de leur usine quasi à l’arrêt, la direction se veut plus optimiste. Vincent Quinaux, directeur général de la branche concernée, assure que les discussions progressent de manière constructive. Les négociations avec les représentants du personnel pourraient d’ailleurs reprendre dès jeudi pour tenter de sceller un accord.