On leur demande de ne pas louer aux Marocains : près d’un professionnel de l’immobilier sur deux accepte
Aux Pays-Bas, près d’un intermédiaire immobilier sur deux accepte d’écarter des candidats marocains à la demande d’un propriétaire. Une nouvelle enquête officielle révèle également que les personnes portant un nom marocain sont désavantagées pour obtenir une visite de logement.
« Est-il possible de ne pas louer à des étrangers, comme les Marocains, les Turcs ou les Polonais ? » Entre janvier et avril 2026, des enquêteurs ont posé cette question à 200 intermédiaires immobiliers néerlandais, en se faisant passer pour des propriétaires. Parmi eux, 97, soit 48,5 %, se sont déclarés prêts à satisfaire cette demande. Ces résultats figurent dans la cinquième enquête nationale sur la discrimination locative, publiée ce mercredi 4 novembre.
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Parmi ces 97 professionnels, 46 acceptent sans évoquer l’interdiction de discriminer les candidats. Dix-huit autres reconnaissent que cette sélection est illégale, mais proposent malgré tout de l’appliquer. Vingt suggèrent même des méthodes concrètes : filtrer les dossiers avant de les transmettre au propriétaire, exiger que les candidats parlent néerlandais ou chercher à connaître leur origine pendant les visites.
Les réactions des autres intermédiaires révèlent différentes manières de laisser passer la demande. Quarante-neuf renvoient la décision finale au propriétaire, tandis que onze proposent des critères de sélection susceptibles d’écarter indirectement certaines origines. Au total, 78,5 % des professionnels interrogés laissent une possibilité de discrimination. Seuls 40 sur 200 refusent clairement de participer à cette sélection.
Un nom marocain pénalisant pour obtenir une visite
Les chercheurs de l’institut Verwey-Jonker ont également réalisé 4 096 tests de correspondance entre décembre 2025 et mai 2026. Ils ont répondu à des annonces immobilières avec des profils fictifs comparables, répartis en cinq catégories pour mesurer l’effet de l’origine supposée, du sexe ou de la composition du couple sur les invitations aux visites.
Les résultats révèlent une discrimination statistiquement significative envers les candidats portant un nom à consonance marocaine. L’indice net de discrimination atteint 14 % pour les hommes et 16 % pour les femmes. Ces indicateurs mesurent le désavantage observé par rapport aux profils portant un nom néerlandais.
Lors de la précédente enquête, réalisée en 2024-2025, les écarts entre les candidats aux noms marocains et néerlandais n’étaient plus statistiquement significatifs. Le gouvernement néerlandais constate désormais que les candidats portant un nom marocain obtiennent moins souvent une invitation à visiter un logement.
Un dernier échange téléphonique illustre les pratiques des intermédiaires. Après avoir reçu une réponse favorable à leur demande discriminatoire, les enquêteurs ont interrogé 85 professionnels sur les risques encourus. Cinquante leur ont assuré que le propriétaire ne rencontrerait aucun problème en sélectionnant les candidats selon ses préférences. Sept ont même suggéré des moyens de dissimuler la discrimination, notamment en donnant un autre motif de refus au candidat écarté.