Un dinosaure hors norme découvert au Maroc
Une équipe internationale a mis au jour les restes d’un ankylosaure vieux de 165 millions d’années dans le centre du Maroc. Cette découverte exceptionnelle révèle que les armes défensives de ces dinosaures sont apparues bien plus tôt que prévu.
Les fouilles se sont déroulées dans les montagnes du Moyen Atlas, à près de 1 900 mètres d’altitude. Les paléontologues y ont extrait de nouveaux fossiles du Spicomellus afer, un dinosaure herbivore lourdement cuirassé. Datant du Jurassique moyen, il représente le plus ancien spécimen d’ankylosaure jamais identifié sur la planète.
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Selon un article publié par The Conversation, ces ossements inédits comprennent des côtes pointues mesurant près d’un mètre, un demi-anneau cervical et des parties du bassin. Fait remarquable, certaines pointes défensives étaient directement soudées au squelette de l’animal. Ces pièces, conservées à l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, complètent l’identification de l’espèce amorcée en 2021 à partir d’une seule côte.
L’étude de ces restes bouscule les certitudes scientifiques sur l’évolution de ce groupe. Le dinosaure possédait une queue rigide dotée de vertèbres fusionnées, agissant comme un redoutable bouclier contre les prédateurs. Ces armes complexes se sont donc développées des millions d’années plus tôt qu’estimé, servant vraisemblablement à la fois de moyen de défense et de parade sociale.
Les expéditions dans cette zone rocheuse, située à 150 kilomètres au sud de Fès, demeurent éprouvantes en raison du soleil brûlant, des vents forts et de la neige hivernale. Les fossiles reposaient dans des roches sédimentaires rougeâtres, témoins géologiques de la région. À cette époque lointaine, ce territoire abritait un climat chaud, des rivières et des plaines inondables proches d’un environnement marin.
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Cette avancée majeure est le fruit d’une étroite coopération entre des experts marocains, britanniques et américains. D’autres analyses anatomiques et tissulaires approfondies sont d’ores et déjà prévues sur ces précieux ossements. Les équipes comptent également poursuivre leurs explorations sur le terrain pour affiner la compréhension de ces dinosaures nord-africains et de leur ancien habitat.