Dix ans sans problème, puis Madrid dit non à la foire des artisans marocains

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Une foire réunissant des artisans marocains ne pourra pas se tenir cette année à Madrid, après dix éditions successives. La mairie invoque de nouvelles règles d’occupation de l’espace public, mais les organisateurs soupçonnent une conséquence de la crise de Sebta.

La mairie de Madrid a refusé d’autoriser la foire artisanale organisée depuis 2016 par l’Association hispano-arabe pour le développement et la culture. Ce marché solidaire devait accueillir des artisans venus du Maroc dans le cadre des Journées de l’interculturalité « Entre Cultures 2026 ».

La manifestation avait occupé plusieurs places du centre de Madrid au cours de la dernière décennie. Ses trois précédentes éditions s’étaient déroulées sur la place Juan Goytisolo, sans difficulté signalée.

L’association avait engagé les démarches administratives en avril. Elle affirme avoir transmis les documents demandés par le district de Centro, notamment une assurance de responsabilité civile exigée le 22 juillet pour poursuivre l’instruction du dossier.

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Le matériel, les structures et les marchandises nécessaires à la foire étaient même arrivés du Maroc dès le 20 juillet. Pourtant, le 18 août, l’association a appris par téléphone que l’événement ne serait pas autorisé, rapporte Cadena SER.

Une décision prise après la crise de Sebta

La justification écrite n’est arrivée que le 8 septembre. La mairie explique avoir adopté de nouveaux critères pour l’utilisation des places publiques du centre de Madrid. Ceux-ci prévoient de ne plus autoriser les événements prenant la forme de marchés ou de foires, afin de privilégier les activités non commerciales.

Pour Rachid Ismaili, président de l’association, le calendrier de la décision pose question. Le refus a été communiqué quelques semaines après les passages massifs enregistrés à Sebta fin juillet, alors que l’administration continuait encore à réclamer des documents aux organisateurs avant cette crise.

« En ce moment, tout ce qui sent le Maroc doit être interdit », dénonce-t-il. L’association accuse la mairie de discrimination et réclame que les nouvelles règles soient appliquées de manière transparente à tous les organisateurs.

Le groupe socialiste au conseil municipal partage ces interrogations. Son élu Antonio Giraldo estime que le refus paraît arbitraire et demandera des explications lors de la prochaine réunion du district de Centro. Il veut notamment savoir si les mêmes critères conduiront Madrid à supprimer les autres foires et marchés organisés dans le centre, dont ceux de Noël.

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La mairie n’établit officiellement aucun lien entre sa décision et les tensions avec le Maroc. La proximité entre le refus et la crise de Sebta reste donc un soupçon formulé par l’association et l’opposition municipale.

Pour les artisans marocains, les conséquences sont déjà concrètes. Des dépenses avaient été engagées pour le transport, les assurances, les installations et l’acheminement des marchandises. Après dix années de présence à Madrid, la foire ne pourra pas ouvrir en 2026.