Le Maroc teste un missile à 200 km des Canaries, Madrid sommé de s’expliquer
Les essais militaires menés par le Maroc et les États-Unis à Tan-Tan ont traversé le détroit politique. Une députée des Canaries demande désormais des explications au gouvernement espagnol et veut savoir pourquoi l’archipel n’a pas été informé à l’avance.
Cristina Valido, députée de Coalición Canaria au Congrès espagnol, a adressé des questions écrites aux ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Dans un communiqué publié par sa formation, elle réclame des informations sur le nouveau Centre africain d’entraînement et d’expérimentation multidomaine (AMTEC), installé à Tan-Tan par le Maroc et les États-Unis.
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Le centre se trouve à un peu plus de 200 kilomètres de Lanzarote. Entre le 3 et le 7 août, il a accueilli sa première démonstration de tir réel. Comme Bladi l’avait rapporté, un missile de croisière à longue portée y a notamment été testé dans le cadre de la coopération militaire entre les Forces armées royales et les États-Unis.
Madrid sommé de dire ce qu’il savait
Pour Cristina Valido, cette proximité avec les Canaries justifie que les autorités de l’archipel soient informées suffisamment à l’avance de ce type d’opérations. La députée demande donc à Madrid quelles informations il détenait sur la mise en service de l’AMTEC et ce qu’il avait transmis au gouvernement canarien.
Elle veut également connaître l’évaluation faite par l’exécutif espagnol des éventuelles conséquences du centre sur la sécurité de l’archipel. Si Madrid ne dispose pas d’informations suffisantes, la parlementaire réclame la mise en place d’un mécanisme permettant à l’Espagne d’être prévenue avant de futurs essais militaires organisés aussi près de son territoire.
Une dernière question vise directement les relations avec Rabat : Cristina Valido demande quels contacts le gouvernement espagnol a eus avec le Maroc sur ce dossier. Coalición Canaria rappelle que ce n’est pas la première fois que les activités militaires marocaines proches des îles suscitent des interrogations sur le niveau d’information dont disposent les autorités canariennes.
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L’affaire donne ainsi une dimension politique espagnole à l’AMTEC, présenté par Washington et Rabat comme un futur centre régional destiné à tester de nouvelles technologies militaires. Quelques jours seulement après son premier tir réel, ce nouveau terrain d’expérimentation maroco-américain oblige désormais Madrid à s’expliquer jusque devant le Parlement.