Ils donnent 37 500 € pour leurs papiers en Italie : les neuf Marocains payaient pour une procédure gratuite
Neuf Marocains employés dans l’agriculture italienne auraient versé 37 500 euros pour transformer leurs titres de séjour saisonniers en permis de travail salarié. Les enquêteurs affirment que cette démarche était gratuite. À Trente, l’affaire a débouché sur une saisie judiciaire de 790 514 euros.
Leur emploi, leur logement et leur séjour en Italie dépendaient, leur faisait-on croire, du paiement. Entre 4 000 et 5 000 euros par personne : voilà les sommes qui auraient été réclamées à neuf travailleurs marocains pour convertir leurs permis saisonniers.
Selon le communiqué de la Guardia di Finanza publié le 21 octobre, la conversion en titre de séjour pour travail salarié relevait d’une procédure gratuite dans le cadre du « Decreto Flussi ». Les suspects auraient présenté cette démarche comme payante.
Les enquêteurs décrivent aussi des pressions : en cas de refus, les ouvriers risquaient, leur disait-on, de perdre leur emploi, leur hébergement et la possibilité de rester légalement en Italie.
100 euros pour une couverture, près de 800 000 euros saisis
La fraude présumée s’inscrit dans une enquête sur deux exploitations agricoles du Trentin. Entre 2018 et 2024, 84 saisonniers venus de six pays, dont le Maroc, auraient subi des horaires excessifs et des rémunérations inférieures aux minima prévus.
Les ouvriers devaient également, selon le Corriere del Trentino, payer 3 euros par nuit pour un logement vétuste, 100 euros pour une couverture et un oreiller, et 5 euros pour être conduits et faire leurs courses.
L’enquête vise un entrepreneur agricole du Trentin et cinq membres de sa famille. Ils sont soupçonnés d’avoir organisé l’exploitation de travailleurs et une escroquerie.
Les enquêteurs évaluent à 753 014 euros les salaires et cotisations économisés aux dépens des travailleurs. En ajoutant les 37 500 euros versés par les neuf Marocains, le total atteint 790 514 euros. Un juge de Trente a ordonné la saisie préventive de ce montant en vue d’une éventuelle confiscation.