Le « Droit au sel » : Cette coutume marocaine qui honore les femmes à la fin du Ramadan
À l’approche de l’Aïd, la coutume marocaine du « droit au sel » anime les marchés. Cette tradition ancestrale permet aux maris d’exprimer leur gratitude envers leurs épouses pour la préparation quotidienne des repas de rupture du jeûne.
L’appellation singulière de cette pratique ferait référence à l’attention méticuleuse portée par les femmes à l’assaisonnement des plats, une tâche complexe puisqu’elles doivent équilibrer les saveurs sans pouvoir y goûter durant toute la journée.
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Dans les ruelles de l’ancienne ville de Rabat, Hassan El Fezouati observe les vitrines de bijoux en or. Si ce retraité avait coutume d’offrir des parures onéreuses, sa situation financière l’a poussé, comme le rapporte AP, à choisir un caftan coloré que sa femme convoitait.
L’effort physique fourni quotidiennement dans les cuisines justifie pleinement cette reconnaissance. Entre la traditionnelle harira et les innombrables mets de l’iftar, Batoul Ramzi confie passer ses journées aux fourneaux : « La fatigue se fait sentir, car l’effort est bien plus grand pendant le ramadan ».
En recevant son vêtement traditionnel, la mère de famille affirme que l’envergure du présent importe peu. Pour elle, ce rituel représente avant tout « l’appréciation et la joie », affirmant qu’un simple mot gentil peut suffire et que « ce qui compte le plus, c’est le geste ».
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Au-delà de la sphère conjugale, la perpétuation de ce rite tisse un lien profond entre les générations. En s’efforçant d’inculquer cette valeur de gratitude à ses enfants pour qu’ils l’appliquent à l’avenir, le couple assure la pérennité d’un ancrage culturel qui continuera de façonner les relations familiales marocaines.