Dubaï n’est plus un paradis : Pourquoi les barons de la drogue lorgnent le Maroc

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

Longtemps sanctuaire des narcotrafiquants européens, Dubaï perd de son attractivité face à la multiplication des extraditions. Poussés vers la sortie, certains dirigeants du crime organisé d’origine marocaine pourraient chercher refuge au sein du royaume.

L’émirat a historiquement servi de base arrière idéale, permettant aux têtes de réseau de diriger leurs opérations à distance. Selon Jeune Afrique, des « financial facilitators » y orchestraient tranquillement le blanchiment des immenses profits via de multiples investissements immobiliers.

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Cette impunité s’érode cependant sous l’effet d’une coopération judiciaire bilatérale renforcée. L’arrestation en 2019 de Ridouan Taghi, chef présumé de la Mocro Maffia, a constitué un tournant majeur, obtenue après de fortes pressions diplomatiques marocaines consécutives à une fusillade meurtrière à Marrakech.

Le bouclier juridique de la non-extradition

Le signal envoyé aux cartels est désormais clair. Les demandes d’extradition se multiplient, la justice belge ayant notamment réussi à se faire livrer des figures majeures comme Othman El Ballouti. Face à cette insécurité croissante, ces réseaux transnationaux sont contraints d’envisager de nouveaux points de chute.

Pour les trafiquants issus de la diaspora, le Maroc présente un attrait juridique indéniable. La législation nationale interdit formellement l’extradition de ses ressortissants, y compris ceux possédant une double nationalité, signifiant qu’un suspect fuyant sur ce territoire ne pourra être jugé que par les juridictions locales.

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L’hypothèse d’un repli opérationnel reste toutefois à nuancer. Comme le souligne une commission d’enquête sénatoriale française de 2024, le royaume apparaît pour l’instant davantage comme un territoire privilégié pour le blanchiment d’argent dans l’immobilier plutôt que comme un véritable poste de commandement du narcotrafic.