Il a emprunté une identité pour quitter le Maroc, 54 ans plus tard il n’arrive pas à s’en débarrasser
Il avait quitté le Maroc avec les papiers d’un autre. Cinquante-quatre ans plus tard, un homme installé aux Pays-Bas tente toujours de faire reconnaître sa véritable identité. La justice néerlandaise lui donne raison sur son nom, mais refuse de modifier ses documents administratifs.
Tout commence en 1972. Pour rejoindre les Pays-Bas, cet homme utilise les documents du fils d’une connaissance qui l’aide à émigrer. Une identité empruntée qu’il conservera pendant des décennies. En 1986, l’administration néerlandaise enregistre officiellement ses renseignements personnels sous ce nom, en reprenant les informations d’un acte de naissance marocain qui ne lui appartient pas.
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Les années passent et l’homme entreprend de récupérer son véritable état civil. Les autorités marocaines établissent qu’il n’est pas la personne dont il a utilisé les papiers. Il obtient même, par arrêté royal néerlandais, la modification de son patronyme. Mais son prénom reste celui de l’identité d’emprunt.
Le problème va plus loin. Son dossier administratif mentionne également des parents qui ne sont pas les siens. Il saisit alors la justice pour obtenir la correction de ces informations et faire reconnaître ses documents marocains.
La justice reconnaît son vrai nom, mais refuse sa demande
Le tribunal de Gelderland lui donne raison sur un point essentiel. Dès le 12 mai 2026, les magistrats avaient estimé que les documents présentés établissaient suffisamment sa véritable identité. Ils ne voient aucune raison de douter de ses explications.
Mais un nouvel obstacle apparaît : son acte de mariage marocain porte lui aussi son ancien nom. Les juges craignent qu’une modification de son état civil ne soulève des difficultés concernant la reconnaissance de ce mariage.
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Autre complication : contrairement à ce que le tribunal pensait initialement, aucun acte de naissance n’a été inscrit à son nom dans les registres de l’état civil de La Haye. En 1986, seules les informations tirées du document avaient été reportées sur sa fiche administrative.
Dans sa décision du 7 octobre 2026, le tribunal rejette finalement ses trois demandes. Le juge reconnaît comprendre sa situation, mais explique ne pas avoir le pouvoir d’ordonner la rectification du registre néerlandais de la population.
L’homme devra désormais s’adresser à la municipalité compétente, qui dispose du pouvoir de modifier ces données. Cinquante-quatre ans après son départ du Maroc, son véritable nom attend encore d’être pleinement rétabli dans les registres néerlandais.