Il se disait Marocain, puis Algérien : les Pays-Bas cherchent où l’expulser

- 06h00 - Monde - Ecrit par : Betty de G.

Un homme retenu aux Pays-Bas s’est présenté pendant des mois comme Marocain, sans que l’ambassade puisse confirmer sa nationalité. Les autorités ont alors sollicité l’Algérie. Devant le tribunal, il a finalement déclaré être Algérien, tout en reprochant à l’administration d’avoir exploré cette piste trop tard.

Le 8 juin 2026, l’ambassade du Maroc informe les autorités néerlandaises qu’elle ne peut pas confirmer la nationalité revendiquée par l’intéressé. Celui-ci continue pourtant à affirmer qu’il est Marocain. Onze jours plus tard, le ministère de l’Asile et de la Migration adresse une demande de laissez-passer à l’ambassade d’Algérie.

Cette succession de démarches est détaillée dans une décision du tribunal de La Haye, siégeant à Utrecht, rendue le 22 septembre et publiée le 29 septembre. L’homme, né en 1994, est placé en rétention administrative depuis le 16 mars 2026. Une décision lui imposant de quitter le territoire lui avait déjà été délivrée le 13 mai 2022.

Sur Bladi.net : Il refuse de retourner au Maroc, la justice refuse de le sortir de rétention

À l’audience du 17 septembre, sa déclaration change : il dit cette fois posséder la nationalité algérienne. Son avocat soutient que l’administration aurait dû mener les deux procédures en parallèle dès le début. Il décrit son client comme confus et désorganisé, et estime que ses seules déclarations ne justifiaient pas de concentrer les démarches sur le Maroc.

La justice valide la prolongation de sa rétention

Le juge rejette cet argument. Il retient que l’intéressé s’était constamment déclaré Marocain, y compris après la réponse de l’ambassade. L’administration a ensuite engagé la procédure auprès de l’Algérie le 19 juin et relancé cette représentation au moins une fois par mois.

Une présentation de l’homme en personne devant l’ambassade d’Algérie était également programmée pour le 24 septembre. La décision, rendue deux jours auparavant, ne permet pas de savoir si ce rendez-vous a eu lieu ni si un laissez-passer a depuis été délivré.

Sur Bladi.net : Les Pays-Bas l’enferment 8 jours avant son renvoi au Maroc : le juge le libère et lui accorde 1 000 €

Le recours portait sur la prolongation de sa rétention, décidée le 9 septembre pour une durée maximale de douze mois supplémentaires. Le tribunal considère que l’administration poursuit les démarches avec suffisamment de diligence. Il valide également les motifs liés au risque de fuite, dont le manque de coopération pour établir son identité et sa nationalité.

L’homme reste donc en rétention : son recours et sa demande d’indemnisation sont rejetés. À la date du jugement, sa nationalité algérienne repose sur sa déclaration à l’audience ; aucune confirmation des autorités algériennes n’est mentionnée.