Ses enfants vivent à l’étranger, ses amis sont morts : la solitude d’un homme âgé au Maroc
Ses enfants vivent à l’étranger, des amis sont morts et les douleurs articulaires limitent ses déplacements. Dans une étude sur les relations sociales au Maroc, le témoignage d’un homme âgé raconte comment le cercle des proches se rétrécit, jusqu’à laisser de longues heures sans compagnie.
Il se réveille vers 7 heures parce qu’il dort mal. Le soir, les heures s’étirent. Il se couche tôt, sans retrouver un sommeil réparateur. Cet homme âgé, dont l’identité est anonymisée, décrit un quotidien marqué par la solitude et les difficultés physiques.
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Son récit figure dans le rapport de l’Annecy Behavioral Science Lab consacré au Maroc, fondé sur cinquante entretiens avec des adultes. Les chercheurs y explorent notamment ce qui arrive aux relations lorsque l’âge, la distance et les décès réduisent les occasions de se retrouver.
Pour cet homme, plusieurs pertes se cumulent. Les enfants vivent hors du pays. Des amis et des membres de son entourage sont décédés. Ses douleurs articulaires freinent ses déplacements, rendant plus difficiles les rencontres avec ceux qui restent.
Le rapport décrit aussi, chez un autre participant plus âgé, des amitiés devenues rares après des décennies de vie adulte. Il ne compte plus que deux amis qu’il qualifierait encore de proches. D’autres se sont éloignés ou ne peuvent plus participer aussi activement à la vie sociale.
Une visite, des courses, un peu de présence
Dans le quotidien du premier témoin, la fille d’un voisin conserve une place importante : elle lui apporte des courses chaque semaine. Elle fait partie des quelques contacts qui lui restent.
D’autres entretiens montrent le rôle que peut prendre le voisinage. Un participant raconte qu’une voisine lui a apporté de la soupe lorsqu’il était malade, l’hiver précédent. Une autre personne décrit une voisine devenue comme un membre de la famille, qui vient frapper lorsque les rideaux restent fermés.
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L’homme âgé trouve aussi un refuge dans les souvenirs de son village. Il imagine les oliviers qui bougent et sa mère récitant des versets du Coran en pétrissant la pâte. Les lieux, les odeurs et les gestes familiers lui rendent une présence que son entourage actuel ne lui offre plus aussi souvent.
Il se souvient d’un temps où les portes restaient ouvertes, où les voisins passaient avec du pain ou de la soupe sans avoir besoin d’une invitation. « Mais même cela est en train de changer », confie-t-il.