Après la mort de son mari, une Marocaine raconte ce que ses proches ne comprennent pas

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Ils voulaient la réconforter, mais elle ne se sentait pas comprise. Dans un rapport consacré aux relations sociales au Maroc, une veuve raconte le décalage vécu après la mort de son mari. Elle évoque aussi les gestes simples qui lui apportent du soutien.

« Ils voulaient me réconforter, mais le deuil a son propre langage. » Après la mort de son mari, cette Marocaine avait autour d’elle des personnes bien intentionnées. Pourtant, elle avait l’impression de parler depuis un autre endroit, sans parvenir à se faire entendre.

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Son témoignage, anonymisé, figure dans le rapport de l’Annecy Behavioral Science Lab consacré au Maroc. Fondée sur cinquante entretiens avec des adultes, cette recherche explore les liens sociaux, le sentiment d’appartenance et la solitude.

La participante décrit une rupture liée au deuil : ses proches cherchent à la consoler, mais leurs échanges ne rejoignent pas ce qu’elle ressent. Une autre personne interrogée évoque la perte de sa grand-mère. Lorsque le chagrin revient, elle trouve plus facilement du réconfort auprès d’amis qui ont eux aussi perdu un proche et peuvent partager cette expérience.

Une sœur au téléphone, une voisine pour le thé

Pour la veuve, certains contacts changent le cours d’une journée. « Un bref appel à ma sœur ou inviter une voisine à prendre le thé peut tout changer », explique-t-elle.

Le rapport décrit une voisine devenue comme un membre de sa famille. Si les rideaux restent fermés, elle est la première à venir frapper à la porte.

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La participante raconte également cuisiner davantage lorsqu’elle se sent abattue. Préparer des pâtisseries lui apporte du réconfort et lui permet de prendre soin des autres.

Elle connaît aussi des moments de paix sans compagnie. Tôt le matin, elle s’assoit près de la fenêtre avec son thé, tandis que le soleil se lève et que les oiseaux commencent à s’agiter. « Je suis entièrement seule, mais je me sens complètement en paix », confie-t-elle.