« Tu es toujours l’étranger » : le sentiment qui pousse certains à quitter les Pays-Bas pour le Maroc
Des enfants insultés, des parents qui s’interrogent sur leur avenir : à Rotterdam, l’idée du départ entre dans certaines familles. Dans l’entourage d’un médiateur de quartier, plusieurs personnes ont déjà choisi de vivre au Maroc.
Une famille installée au Maroc, de jeunes adultes partis dans le royaume ou en Turquie : Karim rapporte des départs qu’il relie au climat d’hostilité envers les personnes issues de l’immigration. Ce médiateur de quartier de Rotterdam-Sud témoigne auprès de Pointer.
Il décrit l’inquiétude de parents qui voient leurs enfants et leur conjointe subir des insultes et se sentir en insécurité. La répétition finit, selon lui, par peser sur le choix du pays où construire leur avenir. « Combien de temps veux-tu supporter cela ? », interroge-t-il.
Le sentiment d’être renvoyé à ses origines touche aussi des habitants nés aux Pays-Bas ou détenteurs de la nationalité néerlandaise, insiste Karim. « Tu es toujours l’étranger », résume-t-il.
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À l’association Meld Islamofobie, Rahma Bavelaar recueille également les récits de ce rejet quotidien. Début septembre, l’organisation a relayé le signalement d’une mère voilée insultée dans un centre commercial, devant ses proches. Selon ce témoignage, elle ne veut plus sortir depuis l’agression verbale.
À Rotterdam, une réponse collective
Karim met en cause la banalisation des discours de « grand remplacement » et de « remigration », notamment dans les émissions d’Ongehoord Nederland. Face à cette rhétorique, il cherche à réunir les habitants autour des difficultés qu’ils partagent.
Avec d’autres, il a créé en 2025 la Wijkbond dans l’Afrikaanderwijk, un quartier du sud de Rotterdam. Ce collectif aide les voisins à s’organiser contre les logements dégradés et les loyers trop élevés, puis à intervenir ensemble auprès des bailleurs.
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Il travaille aussi à rapprocher plusieurs diasporas, notamment marocaine, turque, congolaise, palestinienne et asiatique. Son objectif est une manifestation nationale au printemps 2027. Si leurs revendications restent sans réponse, il envisage une grève.