L’Espagne cherche des poivrons au Maroc, mais les récoltes manquent : les prix doublent

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Les poivrons marocains sont particulièrement recherchés en Europe, notamment en Espagne, alors que les quantités disponibles restent limitées. Selon un producteur du Souss-Massa, les prix à la ferme ont doublé sur un an et ses exploitations ne récoltent actuellement que 35 % de leurs volumes habituels.

À la fin du mois d’octobre, les poivrons marocains se négocient à des prix deux fois plus élevés qu’un an auparavant, directement à la sortie des exploitations. Les acheteurs européens, particulièrement espagnols, multiplient les demandes, mais les producteurs peinent à fournir les quantités souhaitées.

Sur Bladi.net : En Espagne, des producteurs arrachent leurs poivrons, d’autres envisagent de cultiver au Maroc

« La demande européenne, et espagnole en particulier, est exceptionnellement forte pour cette période de l’année », explique Obeida Mansour, responsable de Universal Peppers, une entreprise qui cultive des poivrons au Maroc et en Espagne. Interrogé par le média agricole FreshPlaza, il évoque principalement les variétés Kapia et les poivrons carrés.

Cette situation s’explique en partie par les difficultés rencontrées de l’autre côté de la Méditerranée. En Espagne, les attaques de thrips, de minuscules insectes ravageurs, ont provoqué d’importantes pertes de production. L’entreprise en a fait directement l’expérience dans une exploitation espagnole partenaire, où des replantations ont été nécessaires.

L’Espagne dépend déjà fortement des poivrons marocains pour ses importations. Au premier semestre 2026, près de 95 % des poivrons qu’elle a achetés à l’étranger provenaient du Maroc, soit 79 millions de kilos.

Au Maroc, les commandes affluent mais les récoltes manquent

Les difficultés ne s’arrêtent pourtant pas à la frontière espagnole. Dans le Souss-Massa, elle est elle-même confrontée à une baisse importante de ses récoltes.

« Dans nos propres fermes et celles de nos producteurs sous contrat, nous ne récoltons que 35 % de nos volumes habituels à cette période de la saison », précise Obeida Mansour. Cette situation, qu’il attribue à des températures inadaptées, concerne les exploitations travaillant avec son entreprise.

La chaleur complique notamment la protection des cultures contre les ravageurs, alors que les producteurs doivent respecter les limites européennes de résidus de pesticides.

La demande ne vient d’ailleurs pas uniquement d’Europe. Les commandes de Mauritanie et du Sénégal s’ajoutent à celles des clients espagnols et des autres acheteurs européens, accentuant la pression sur les quantités disponibles.

Le responsable prévoit toutefois une amélioration rapide. Il estime que ses exploitations pourraient retrouver leur capacité habituelle dans un délai de deux semaines. Reste une inconnue pour la suite de la campagne : la persistance des attaques de thrips dans les serres espagnoles, qui pourrait maintenir la demande de poivrons marocains à un niveau élevé.